LES BREVES (N°9)

Afrique du Sud : un mégacontrat de 40 milliards d’€ dans le nucléaire civil

Depuis un an, l’Afrique du Sud connaît des coupures de courant à répétition et craint le retour du grand black-out de 2008. Face à cela, Jacob Zuma et son homologue congolais ont réaffirmé, mi-octobre, leur volonté d’accélérer le développement des barrages d’Inga, sur le fleuve Congo, d’une capacité théorique gigantesque de 40 000 MW. En 2013, Pretoria s’était déjà engagée à acheter 2 500 des 4 800 MW du barrage Inga 3 basse chute, dont les travaux doivent démarrer en 2017.

Mais cela ne suffira pas à satisfaire les besoins énergétiques sud-africains, et le pays – qui abrite déjà près du Cap la seule centrale nucléaire du continent, de conception française – souhaite construire 6 à 8 nouveaux réacteurs nucléaires, pour une puissance de 9 600 MW. Les constructeurs de cinq pays – France, États-Unis, Russie, Chine et Corée du Sud – ont rendu en septembre leur copie pour ce qui s’annonce comme un mégacontrat à plus de 40 milliards d’euros. Malgré l’expérience française, la Russie et la Chine semblent en tête de la compétition. La première a signé en juillet avec l’Afrique du Sud un protocole d’accord sur la formation de spécialistes dans le domaine du nucléaire, et sa technologie est éprouvée et peu coûteuse. Quant à Pékin, premier partenaire commercial de Pretoria, son nouveau réacteur de 3e génération, Hualong One, vendu à l’Argentine en février 2015 et que la Chine espère aussi vendre au Kenya, se veut particulièrement adapté aux pays en développement. Surtout, la proposition chinoise devrait bénéficier non seulement des facilités de financement que la Chine apporte régulièrement aux pays en développement dans lesquels elle intervient ainsi que de temps de construction plus courts que ceux de ses concurrents. Un argument qui pourrait peser lourd alors que le pays doit faire évoluer au plus vite un réseau électrique en crise, inefficace et polluant, dépendant à 90 % du charbon.


 

 

À 45 dollars le baril, il n’y aura pas de pétrole Arctique à nos pompes

Fin septembre, Shell a annoncé l’arrêt de ses activités en Arctique. Une annonce symbolique mais pas isolée, puisque Total, Rosneft et Exxon Mobil s’y sont déjà cassé les dents. Certes, d’autres, comme Gazprom, Statoil et Engie (ex-GDFSuez), exploitent déjà quelques champs pétroliers et gaziers, mais on est bien loin de l’engouement pour l’Arctique d’il y a quelques années, quand les réserves arctiques étaient estimées à 30 % des réserves mondiales non découvertes de gaz et que les permis d’exploration se sont multipliés. À l’origine de ces revers, des conditions climatiques très dures, la pression des associations écologistes pour protéger des écosystèmes très fragiles, mais aussi et surtout la politique de prix bas menée depuis 2014 par les pays de l’OPEP pour contrer l’essor des gaz de schiste. Où l’on constate une fois de plus que les logiques financières sont incapables de prendre sérieusement en compte le temps long.


 

Une chercheuse française au nouveau bureau du GIEC

Le mercredi 7 octobre, au lendemain de la nomination du Sud-Coréen Hoesung Lee à la présidence du GIEC, la Française Valérie Masson-Delmotte, chercheuse en sciences du climat, a été élue coprésidente du groupe no 1, lequel porte sur la connaissance du climat. « Avec la coprésidence d’un groupe de travail, ce sera la première fois que la France prend en charge une responsabilité de niveau aussi élevé dans le GIEC », a souligné Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, dans un communiqué. « Je suis très contente du bureau et des vice-présidents élus, il y a une complémentarité scientifique et une meilleure représentation des femmes », a confié à Énerpresse Mme Masson-Delmotte, directrice de recherche du laboratoire des sciences du climat et de l’environnement de Saclay (Essonne). Au sein du GIEC, « je pense qu’il faudra davantage travailler sur les produits de synthèse pour les différents utilisateurs de ces connaissances, et mieux articuler le travail avec le groupe 2 : atténuation, sciences du climat, et impact, adaptation et vulnérabilité. La qualité des rapports dépendra au premier lieu de la qualité du travail des scientifiques qui en seront les auteurs bénévoles et les relecteurs, a-t-elle déclaré. L’un des défis pour le groupe 1 sera d’augmenter la participation d’excellents scientifiques des pays en développement, pour une meilleure évolution des connaissances. »


 

S’ils n’ont pas de trains, qu’ils se mangent la route en cars !

La libéralisation des transports, issue de la loi Macron, se traduit par une valse des prix de la part des autocaristes. De 1 à 12 €, la concurrence tourne à plein régime. De telles offres de la SNCF avec sa filiale OuiBus (ex-IDbus) concurrencent désormais… les trains SNCF ! La déconnexion se fait à toutes les échelles de normes : coût réel du voyage, confort, temps de trajet… Cet habillage du marché des autocars se fait en déshabillant le transport de voyageurs par train, synonyme, lui, de modernité, de progrès et de services aux citoyens. Mais surtout les TER roulent au trois-quarts grâce à l’investissement des régions. C’est donc un coup porté aux régions, qui partagent avec la SNCF les bénéfices mais surtout les déficits des lignes TER. En prétendant rendre le transport « accessible à tous » et travailler à la « multimodalité », la loi Macron et la SNCF s’attachent surtout à abandonner les valeurs de service public de la SNCF pour offrir de nouveaux marchés à un système à bout de souffle. Et encore, on ne parle pas de l’idiotie environnementale de faire rouler des autocars à la place de TER !


 

Temps de travail: un référendum en trompe l’œil

Beaucoup de médias se sont fait l’écho du « référendum » qui s’est tenu le 11 septembre 2015 à l’usine automobile Smart (groupe Daimler) de Hambach, en Moselle. Ce jour-là en effet une majorité des salariés (56 %) a approuvé la proposition de la direction visant à réaugmenter provisoirement le temps de travail de 35 à 39 heures, avec en contrepartie une augmentation de 120 € et la promesse, très floue, du maintien de l’emploi jusqu’en 2020. S’agit-il là de la preuve d’une adhésion des salariés au fameux « travailler plus pour gagner plus » et au culte de la compétitivité ? C’est en réalité loin d’être le cas. Presque tous les syndicats, CGT et CFDT en tête, se sont élevés contre une consultation dénoncée comme une mascarade totalement injustifiée : l’usine de Hambach n’est pas en difficulté et ne souffre pas de problème particulier de compétitivité. Ses dirigeants semblent avoir voulu se faire bien voir de la direction du groupe Daimler. Le vote globalement positif occulte par ailleurs les fortes divisions entre les salariés : si une majorité des cadres et des employés, payés au forfait, a voté pour la proposition, une majorité d’ouvriers postés, celle qui subit le plus les effets de l’augmentation prévue du temps de travail, a voté contre. Inutiles sur le plan économique, cette consultation et cette régression sociale n’ont fait qu’accroître les divisions au sein de la communauté de travail. Le référendum tant vanté par certains médias apparaît en fait comme un contresens adossé à la seule recherche du profit !


 

Médicaments : entre indignation sélective et indécence ordinaire

Le prix du Daraprim vient d’être rehaussé de 5 400 %. De quoi renforcer la profitabilité de Turing Pharmaceutical, heureux propriétaire des droits de cet antiparasitaire sur le marché depuis soixante-deux ans, toujours utilisé contre les co-infections du sida… Peu avant, le prix de la Cycloserine, un médicament contre la tuberculose multirésistante aux antibiotiques, avait bondi de 2000 %. En période préélectorale, l’affaire Daraprim a suscité l’indignation de Hilary Clinton, qui a menacé, si elle était élue, d’agir pour une baisse des prix des médicaments. Selon une étude britannique, les anticancéreux Tarceva et Glivec, propriété des laboratoires suisses Roche et Novartis, coûteraient 100 à 200 € euros à produire, par an et par malade. Or le prix de vente approche les environ 30 000 €, et jusqu’à 100 000 dollars aux États-Unis, où les organismes publics ont l’ubuesque interdiction de négocier les prix. Comme toujours, l’industrie pharmaceutique justifie sa marge bénéficiaire par les besoins de financement de la recherche. Sauf que moins de 15 % de ses bénéfices y sont consacrés, deux fois moins par exemple que ses dépenses de marketing…


 

Volkswagen, exemple d’énormes magouilles des normes !

Mais comment en sont-ils arrivés là ? La cupidité, comme toujours… Quand, en 2005, Volkswagen décida de pénétrer le marché américain avec un moteur Diesel, il lui fallut s’adapter aux normes états-uniennes en la matière, plus strictes qu’en Europe. Or les cylindrées moyennes de la marque émettent beaucoup d’oxydes d’azote (NOx), émissions contrôlées par ces normes. Après avoir réfléchi avec succès à un prototype de moteur Diesel « propre » – la technologie dite SCR du prototype, déjà utilisée sur d’autres moteurs, neutralise 80 % des émissions de NOx –, la direction juge que le dispositif développé revient trop cher : 300 € par véhicule. Elle décide alors de contourner les normes, donc de frauder, en utilisant le fameux logiciel fourni par Bosch (il viendra le temps d’interroger les responsables de la marque, eux aussi !). Derrière le tour de passe-passe, deux constats émergent. D’une part, dans le champ des dizaines de milliers de normes, les experts « indépendants » forment trop souvent des groupes spécialisés dont beaucoup travaillent aussi pour des industriels : le conflit d’intérêts est vite au rendez-vous. D’autre part, c’est une recherche universitaire qui a permis de déceler l’arnaque. Face aux ergoteries d’un capitalisme peu soucieux de l’environnement, vive la recherche universitaire publique indépendante, le contrôle des stratégies et des processus de production ! Et nous ne le répéterons jamais assez, car, entre les chevaux des moteurs bidouillés et les chevaux du scandale des lasagnes, les industriels peu soucieux des normes nous prouvent leur maîtrise toute relative de leurs sujets (équestres !).


 

Travailler moins pour travailler tous

La réforme des 35 heures reste « la politique la plus efficace et la moins coûteuse depuis les années 1970 », comme le rappelle rapport Romagnan. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer les résultats de cette réforme avec la mise en place du CICE. D’un côté, une réforme qui aura coûté 2,5 Md€ [13 Md€ (baisse de cotisation) – 11,5 Mds€ (cotisation sociales nouvelles + baisse d’indemnisation chômage)] et crée près de 350 000 emplois (DARES). De l’autre côté, le CICE devant créer1 million d’emplois avec les résultats suivants : 497 500 chômeurs de plus entre janvier 2014 et août 2015 (INSEE) pour un coût cumulé de la mesure estimé à 18,4 Md€ entre 2014 et 2015.


 

Dramatique résistance des croyances face à la science

La rougeole demeure en Allemagne. Un lycée a même été obligé de fermer après plusieurs cas de rougeole recensés. Un enfant d’un an et demi est décédé en ce début d’année. Cette résurgence s’explique malheureusement non pas par une résistance de la maladie mais par une résistance à la vaccination. À Berlin, le taux de vaccination contre la rougeole est de 60 %, ce qui alarme bien plus les autorités que les parents. Alors que ces derniers, notamment dans les classes moyennes, ont encore en tête les croyances à un diabétisme ou à un autisme lié à la vaccination, les autorités sont, elles, furieuses. Car celui qui ne veut pas vacciner son enfant le met en danger, et par là met en danger les autres enfants également. Quand la méfiance tourne à l’inconscience…


 

Le biologiste Éric Karsenti récompensé par la médaille d’or du CNRS

Pour sa 61e édition, la médaille d’or du CNRS a été remise au biologiste Éric Karsenti. Cette distinction récompense, depuis 1954, une personnalité scientifique ayant contribué au rayonnement de la recherche scientifique. Éric Karsenti a contribué à des découvertes majeures sur la régulation cellulaire. Ont été mis à l’honneur ses travaux réalisés au sein de l’expédition Tara Oceans, visant à cartographier la biodiversité. Les résultats ont largement contribué à l’approfondissement des connaissances sur la biodiversité, des recherches nécessaires pour la préservation des espèces.


 

Homo naledi, une nouvelle espèce découverte?

C’est une découverte qui pourrait s’avérer essentielle. Une nouvelle espèce du genre Homo, baptisée Homo naledi, a été identifiée dans une grotte à Rising Star, à environ 500 km de Johannesburg, en Afrique du Sud, par une équipe de l’université de Witwatersrand menée par Lee Berger. Cette espèce n’est pas encore datée, mais d’après les premiers éléments ses caractères primitifs montrent qu’elle pourrait remonter aux origines du genre Homo. Quinze squelettes quasi complets d’enfants et d’adultes ont pu être identifiés. Les ossements des pieds montrent que cette espèce était bipède, et les mains possédant des doigts courbés montrent une forte adaptation à la vie arboricole, ce qui rapproche cette espèce des plus anciens membres de Homo habilis, vivant il y a environ 2,5 millions d’années. La découverte de cette grotte permet d’envisager aussi leurs coutumes. Les individus retrouvés pourraient y avoir été déposés selon un rituel funéraire. Un comportement qui n’a pour l’instant jamais été identifié pour des espèces si éloignées dans le temps, les premiers comportements de ce type ayant été identifiés chez Homo heidelbergensis, en Espagne actuelle, et remonteraient à plus de 400 000 ans.


 

Vieillir en bonne santé : un objectif mondial selon l’OMS

Selon un rapport de l’OMS, pour la première fois dans l’histoire la majorité des personnes dans le monde peut espérer vivre au-delà de 60 ans. Mais vivre plus âgé ne signifie pas nécessairement vivre en bonne santé. Si la tendance à l’augmentation de l’espérance de vie est généralisée, les disparités entre les pays restent fortes. L’OMS appelle à une transformation des systèmes sanitaires, notamment pour limiter l’inflation des coûts de santé liés aux besoins croissants. « Vieillir en bonne santé », objectif de l’OMS, voilà de quoi poser à l’heure de l’examen de la loi Santé de Marisol Touraine, la question de l’accès aux soins et de leur coût, enjeux majeurs tout au long de la vie.

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