C’est en 1925 que des physiciens tels que Werner Heisenberg, Max Born, Erwin Schrödinger, Louis de Broglie et Paul Dirac ont formalisé les outils mathématiques qui ont permis les progrès prodigieux en physique de l’infiniment petit les années suivantes. Notre monde ne serait pas tel qu’il est sans ces années de bouillonnement intellectuelles qui ont amené au développement de la mécanique quantique.
*Flavien Ronteix est rédacteur en chef de Progressistes.
L’électronique moderne, base de tout notre monde numérique, résulte de la quantique. Les télécommunications, les lasers, c’est de la quantique. L’UNESCO a donc fait de l’année 2025, l’année internationale des sciences et technologies quantiques, avec l’initiative Quantum 100 afin de reconnaître et promouvoir la communauté quantique mondiale (1).

Lancée les 4 et 5 février 2025 au siège de l’UNESCO à Paris, l’événement a rassemblé 1 200 participants, parmi lesquels des lauréats du Nobel, des scientifiques du monde entier, des industriels, des associatifs, des politiques. Elle s’est achevée les 10 et 11 février à Accra, au Ghana. L’objectif était et reste clair : faire comprendre au grand public que la mécanique quantique, souvent perçue comme une discipline abstraite et réservée aux experts, est à l’origine de technologies qui façonnent déjà notre quotidien. Des ordinateurs quantiques aux capteurs ultraprécis, en passant par les communications sécurisées, les applications sont multiples et prometteuses.
LA QUANTIQUE AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE
L’un des axes majeurs de l’Année internationale de la quantique (IYQ) 2025 a été de démontrer comment les sciences quantiques peuvent contribuer à la réalisation des 17 objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies. Les chercheurs ont mis en avant plusieurs domaines d’application, notamment la lutte contre le dérèglement climatique, l’énergie et la santé.
La lutte contre le dérèglement climatique. Les ordinateurs quantiques permettent de modéliser des scénarios climatiques avec une précision inédite, aidant ainsi à anticiper les impacts du réchauffement et à optimiser les stratégies d’atténuation. Par ailleurs, les capteurs quantiques offrent des outils extrêmement performants pour surveiller la qualité de l’air, les émissions de gaz à effet de serre ou encore la déforestation.
L’énergie. Les technologies quantiques ouvrent la voie à des matériaux plus efficaces pour le stockage de l’énergie, ainsi qu’à des réseaux électriques « intelligents » capables de réduire les pertes et d’intégrer davantage d’énergies renouvelables.
La santé. L’imagerie médicale quantique, comme la résonance magnétique nucléaire (RMN, couramment appelée IRM) de nouvelle génération, permet des diagnostics plus précis et moins invasifs. Les ordinateurs et algorithmes quantiques pourraient également révolutionner la manière dont on découvre de nouveaux médicaments.
Ces avancées illustrent comment la science quantique, souvent perçue comme purement théorique, peut avoir un impact tangible sur les défis les plus urgents de notre époque.
RENDRE LA QUANTIQUE ACCESSIBLE À TOUS
L’un des défis majeurs de l’IYQ 2025 a été de rendre les concepts quantiques accessibles à un public non spécialisé. Pour y parvenir, des centaines d’événements ont été organisés à travers le monde : ateliers dans les écoles, conférences grand public, expositions interactives, et même des concours de vulgarisation scientifique. L’objectif était de briser les barrières entre la science et la société en montrant que la mécanique quantique n’est pas seulement une théorie complexe, mais aussi une source d’innovation et de progrès.
En Italie, comme dans de nombreux autres pays, des universités et des centres de recherche ont organisé des journées portes ouvertes afin de permettre aux visiteurs de découvrir les laboratoires où se fabriquent les technologies de demain. Des plates-formes en ligne, comme la Quantum Resource Library, ont également été mises à disposition pour offrir des ressources éducatives gratuites, adaptées à tous les niveaux de connaissance.

Un autre aspect important de cette année a été la promotion de la diversité et de l’inclusion dans les sciences quantiques. Les données de l’UNESCO ont révélé que les femmes ne représentaient que 2 % des candidats aux postes dans ce secteur. Pour remédier à cette sous-représentation, des programmes de mentorat et des bourses d’études ont été lancés, encourageant jeunes filles et femmes à s’orienter vers des carrières scientifiques dans ce domaine.
L’INNOVATION MISE À L’HONNEUR
L’IYQ 2025 a été l’occasion de présenter au grand public les dernières percées technologiques issues de la recherche quantique. On peut citer l’informatique quantique, où des entreprises et des laboratoires de recherche ont démontré les capacités des ordinateurs quantiques à résoudre des problèmes jusqu’alors insolubles pour les machines classiques ; les communications quantiques : basées sur les principes de l’intrication quantique, elles promettent une sécurité inviolable ; la métrologie quantique : avec les horloges atomiques et les capteurs quantiques dont les précisions ont atteint des niveaux inégalés, elle ouvre la voie à des applications dans la navigation, la géodésie, et même la détection précoce de catastrophes naturelles.
Ces innovations, autrefois cantonnées aux laboratoires, sont désormais sur le point de transformer des industries entières, avec des répercussions potentielles sur l’économie, la sécurité et la qualité de vie.
LA COOPÉRATION INTERNATIONALE
L’IYQ 2025 a été marquée par une collaboration internationale exceptionnelle. Sous la coordination de l’UNESCO et de l’American Physical Society (APS), près de 60 pays ont participé à cette initiative, organisant des événements et partageant leurs avancées scientifiques. Des partenariats ont été noués entre universités, centres de recherche, entreprises et gouvernements, créant un écosystème mondial dédié à l’avancement des sciences quantiques.
En Europe, le programme « Quantum Flagship » a joué un rôle central en présentant les résultats de ses projets phares, tandis qu’en Asie et en Amérique des initiatives similaires ont vu le jour. Cette synergie internationale non seulement a accéléré les progrès scientifiques, mais a aussi renforcé les liens entre les communautés de recherche, favorisant un échange continu de connaissances et de bonnes pratiques.
FIN DE L’ANNÉE
L’Année internationale des sciences et technologies quantiques 2025 a été bien plus qu’une célébration, elle fut un catalyseur pour l’innovation, l’éducation et la collaboration mondiale. Son héritage est déjà tangible. Elle a permis de sensibiliser des millions de personnes tout en inspirant une nouvelle génération de scientifiques et d’ingénieurs. Les efforts déployés pour promouvoir la diversité dans les sciences quantiques et pour rendre ces connaissances compréhensibles par tous sont essentiels pour une société plus informée, d’autant que les fausses informations et mythes autour de la quantique sont nombreux. Enfin, il faut souligner la mise en lumière des avancées de la mécanique quantique en montrant comment celles-ci peuvent répondre aux défis contemporains.
L’ONU et l’UNESCO ont fait de l’année 2026 l’année des agricultrices du monde entier et des bénévoles pour le développement durable.
(1) https://quantum2025.org/fr/.
version accessible:

Merci pour cet article sur les sciences quantiques dont le pluriel n’est pas le moindre des points d’intérêt pour les progrès tant technologiques, scientifiques qu’humain déjà par le partage et la coopération.
À suivre ?
B cordialement DCG