HUMANITÉ, PLANÈTE, MÊME COMBAT, Jean-Noël Aqua*

*JEAN-NOËL AQUA est maître de conférences à l’université Pierre-et-Marie-Curie. Il est membre du comité de rédaction de Progressistes

Le réchauffement climatique est une réalité. Une réalité scientifiquement irréfutable, exploitée économiquement et bafouée politiquement. Les données scientifiques sont pourtant connues de tous. Les températures moyennes ont déjà augmenté de 1 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Si l’augmentation dépasse 2 °C, les conséquences seront difficilement contrôlables : extrêmes climatiques, montée et acidification des océans, disparitions massives d’espèces… Par là même, l’humanité est menacée : déplacements de populations, diminution des ressources agricoles et halieutiques, raréfaction de l’accès à l’eau. Les plus pauvres seront les premiers touchés. Et les tensions internationales s’exacerberont.

Ce réchauffement est certes dû à l’homme – n’en déplaise au lobby pétrolier –, mais surtout au système économique qu’il a créé. Un système basé sur les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) qui augmentent l’effet de serre, un système basé sur la recherche de rentabilité financière immédiate. Disons-le clairement, ce n’est pas dans le capitalisme, même « vert », qu’il faut chercher la solution. Les grandes entreprises capitalistes en quête d’image et, plus généralement, les libéraux de tout poil vantent des solutions purement locales, et surtout compatibles avec les profits pour les riches et, donc, l’austérité pour les peuples. Ces solutions sont anecdotiques.

C’est en partant des besoins humains et en les conjuguant avec le respect de l’environnement qu’on relèvera les vrais défis. L’homme a besoin d’énergie, pour assainir l’eau, se chauffer, se soigner, produire, se déplacer… Les pays pauvres doivent pouvoir se développer. Quant aux populations occidentales, elles doivent être aidées à se sevrer du carbone. Il faut ainsi fortement diminuer la consommation d’énergies fossiles (la diviser par 3 en France, 6 en Allemagne, 11 aux États-Unis) grâce à l’isolation des bâtiments, la promotion du train, de l’électrique… ; développer toutes les énergies non carbonées (hydraulique, nucléaire, renouvelables, surtout non intermittentes) ; sortir du consumérisme exacerbé…

Les solutions sont connues. Une seule question reste en suspens : qui décide ? Pour l’heure, sans réels pouvoirs sur l’économie, les citoyens subissent, impuissants. Combien de catastrophes avant que ne s’imposent la démocratie dans l’économie, notamment sur les choix industriels, l’orientation des fonds publics sur critères sociaux et environnementaux, le développement des services publics, les transferts technologiques ?

La Conférence des parties, la Cop21, se tiendra donc en décembre à Paris. Pour la préparer, les pays développés promettent… des réductions – très insuffisantes – des gaz à effet de serre, et refusent que leurs engagements aient une valeur contraignante. Ils « mégotent » sur l’aide financière pour un développement durable des pays pauvres, alors qu’ils sont responsables des pollutions passées. Ils sont dans l’impasse du libéralisme qu’ils promeuvent.

Pour les communistes, s’attaquer aux racines du système a toujours été au cœur de leur démarche politique. La qualité de l’environnement est désormais pleinement au centre de leur projet, tant pour la durabilité du développement économique que pour la qualité de vie. Promouvoir un développement humain durable est leur boussole. Une réponse de fond pour un problème de fond. Il n’est pas trop tard pour s’en emparer : l’avenir de l’humanité est tout simplement en jeu.

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