Agricultures, Agriculteurs, par JEAN-CLAUDE CHEINET*

*Jean-Claude Cheinet est membre du comité de rédaction de PROGRESSISTES.

Un pluriel qui souligne la diversité et la difficulté du sujet. Et pourtant, quelle importance ! 

Les agricultures seront au menu de la COP 21 en décembre 2015 : Le réchauffement climatique va-t-il accroître la faim dans le monde ? Quelle contribution au captage du carbone ? 

La France elle-même, dont « labourage et pâturage sont (étaient) les deux mamelles », a bénéficié jusqu’au siècle dernier d’une forte paysannerie qui, disposant de moyens techniques limités, a façonné des paysages riants, divers, adaptés à une agriculture pénible mais assez proche d’une durabilité que l’on cherche à retrouver. 

Depuis, l’agriculture a connu une révolution scientifique et technique (semences, engrais, machinisme…) qui l’a placée au cœur d’une filière alimentaire en n’en faisant qu’un maillon : le progrès a été détourné au profit des firmes industrielles, de la grande distribution et des banques. 

Qu’est devenue la coopération agricole en France ? Que deviennent les coopératives grandes ou petites, les CUMA, les GAEC et autres structures créées à l’issue de décennies de luttes paysannes ? Rachetées par les milieux financiers ? la grande distribution ? 

L’Union européenne, jadis présentée comme la grande chance d’exportation pour l’agriculture française, a-t-elle protégé l’agriculture ou l’a-t-elle livré à la concurrence mondiale dans une course à la productivité qui néglige les pollutions des nappes phréatiques et l’empoisonnement des insectes et des hommes par les pesticides ? 

La France rurale a changé : la population active agricole de nombreux villages est dérisoire ; les fermes sont devenues résidences secondaires quand elles ne sont pas occupées par d’anciens paysans à la retraite. Derrière l’uniformisation paysagère demeurent pourtant de grandes diversités. Il était difficile en un tel dossier de traiter tous les aspects de l’agriculture française. En particulier, nous avons conscience des manques sur la petite agriculture légumière et fruitière, notamment avec ses emplois d’immigrés plus ou moins clandestins. 

Le malaise paysan est perceptible. Alors que les moyens agronomiques et techniques actuels permettent de nourrir la planète, que l’agriculture française est exportatrice en blé, vins, etc., la malnutrition demeure. Les paysans, qui étaient plus de 6 millions naguère, ne sont plus que quelques centaines de milliers en France ; les contrats avec la grande distribution et les dettes les étranglent souvent, et les consommateurs voient les prix de détail augmenter… 

L’histoire française a été marquée, de jacqueries en Grande Peur, par le rôle des luttes paysannes, et ce depuis des siècles. Jacquou le Croquant s’est-il laissé berner ? 

Depuis toujours la réflexion communiste a cherché à éviter le « solo funèbre » d’une classe ouvrière isolée. En mariant faucille et marteau, l’Internationale montrait l’importance de cette « alliance », appellation ancienne du rassemblement que nous cherchons à construire. Raison de plus pour y réfléchir de façon ouverte dans notre époque. Les intervenants de ce dossier sont divers mais ont tous cette préoccupation. Pour l’agriculture, les agriculteurs et l’équilibre écologique des espaces où nous vivons tous. 

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