L’économie circulaire prend pied dans l’usine du monde, Jinhong Liu*

Dans le système productif mondial, la Chine est souvent pointée comme le pays du dumping social et environnemental. Mais, face à des difficultés liées à sa démesure, le plus grand pays manufacturier de l’histoire commence à prendre – en discours et à travers des sites exemplaires – le virage de l’économie circulaire.

 

*Jinhong Liu est consultante en marketing technologique et membre du Parti communiste chinois.

L’économie circulaire et ses trois principes – réduire, réutiliser, recycler – sont désormais très présents dans le discours des officiels chinois. Le gouvernement chinois a mentionné pour la première fois concrètement l’économie circulaire en 2005, dans une directive intitulée « L’avis de l’État concernant l’accélération de l’économie circulaire ». Puis une première loi, encore floue, a suivi en mai 2008 (voir encadré).

Avec le 12e plan quinquennal, la problématique a pris de l’ampleur. En 2012, lors d’une réunion du comité central du PCC, le Premier ministre Wen Jiabao a défendu l’économie circulaire comme notion centrale pour un développement durable de l’économie chinoise. À la suite de cela, le gouvernement chinois a rendu publique sa stratégie en quatre axes pour le développement de l’économie circulaire :

1. Construire la base industrielle pour une économie circulaire : systèmes de production, exploitation des ressources naturelles, traitement de l’eau et des déchets…

2. Construire un système agricole d’économie circulaire : gestion durable de l’environnement agricole, déchets verts, équilibres entre terres cultivées, forêts, zones d’aquaculture, espaces protégés…

3. Structurer les flux correspondant aux besoins d’une économie circulaire : gestion des déchets, transports « verts », flux de construction et consommation.

4. Construire des zones exemplaires (comme Ziya, zone industrielle proche de Tianjin).

L’année suivante, l’État chinois a décliné cette stratégie en un plan d’action, avec l’objectif affiché pour la fin du plan quinquennal l’augmentation de 15 % la valeur des activités relevant de l’économie circulaire, pour atteindre 1 800 milliards de yuans (230 milliards d’euros, soit un peu plus que le PIB français dans son ensemble !).

Axes de circulation de la zone économique de recyclage de Ziya.

Axes de circulation de la zone économique de recyclage de Ziya.

Dans la pratique, les applications réelles de l’économie circulaire en Chine demeurent largement minoritaires. L’utilisation non durable des ressources, le gaspillage et la pollution des écosystèmes sont encore très courants, mais la Chine a réellement entamé un virage en direction de l’économie circulaire, et il y a d’ores et déjà des industriels, des villes et des zones d’activité réellement engagés dans l’expérimentation en grandeur nature des principes de cette pensée économique d’avenir.

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