Produire l’acier du futur «proprement» nécessitera beaucoup d’électricité, Samira Erkaoui

Produire l’acier du futur «proprement» nécessitera beaucoup d’électricité, Samira Erkaoui

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PAR SAMIRA ERKAOUI*,

Que vient faire la production d’acier dans la planification écologique ? Son rôle est pourtant essentiel. Pour produire la voiture propre de demain, relancer le transport ferroviaire (rails, infrastructure, matériel roulant), relancer la construction des logements économes en énergie (béton armé, construction métallique), fabriquer tous les nouveaux systèmes de chauffage performants ; nous aurons besoin d’acier. Dans le secteur de l’énergie, pour mener à bien la transition énergétique, nous devrons renouveler nos centrales électriques, construire des barrages, fabriquer des éoliennes, ce qui nécessitera également beaucoup d’acier. L’acier, constituant des machines outils à la base de toutes nos productions, est en réalité une condition même de l’existence de l’industrie. C’est un secteur de haute technologie où pour chaque utilisation répondant à des besoins spécifiques, un type d’acier est produit (acier carbone, inoxydable, spéciaux..). D’où la nécessité d’une bataille politique autour de la nécessaire nationalisation de ce secteur stratégique qu’est l’industrie sidérurgique, en proie au démantèlement comme nous le voyons avec la fermeture programmée du centre de Florange par Mittal. La préservation de l’environnement ne doit pas servir de prétexte au démantèlement des usines déjà existantes ou servir de diversion pour gagner du temps comme l’a fait Mittal en laissant miroiter un maintien pérenne de l’activité du site de Florange. Conjointement au maintien de la production déjà existante, il convient de préparer néanmoins l’avenir et de développer progressivement des techniques de production propre en évitant les émissions de CO2 liées à la combustion du charbon nécessaire à la réduction du minerai de fer. Des procédés en phase de développement sont étudiés, regroupés autour du programme ULCOS, consortium européen sous financement public (à hauteur de 40%) regroupant 48 entreprises et organisations (essentiellement privées) issues de 15 pays. Ces procédés ont été mis en avant lors de la bataille autour du maintien du site de Florange, mais à l’époque, c’était surtout une manœuvre de diversion de la part de Mittal ! Il s’agirait de produire de l’acier avec un objectif affiché d’une diminution de 50% des émissions de CO2 par rapport aux procédés actuels. Pour deux de ces solutions, si la faisabilité industrielle est démontrée, à savoir la production par arc électrique avec le procédé « ULCORED» et celle utilisant l’ électrolyse, technique analogue à la production d’aluminium, avec le procédé «ULCOWIN», cela nécessitera forcément de produire une quantité importante d’électricité en lieu et place de la combustion du charbon. C’est un exemple de plus qui montre que la planification écologique nécessitera une consommation accrue d’électricité, ce qui rend inopportun la fermeture prématurée des centrales nucléaires comme celle de Fessenheim située à 200 km du site de Florange, centrale qui produit une électricité à faible émission de CO2.

*SAMIRA ERKAOUI est ingénieure en génie civil.

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