Pour une écologie du travail, Jean-François Bolzinger

La transition écologique ne peut être que politique. Il s’agit de produire et consommer autrement, donc d’inscrire l’écologie dans son rapport au travail, avec une autre organisation et d’autres stratégies économiques, d’en finir avec le management financier, le Wall Street Management, fondé sur laperformance financière.

En ce sens, elle porte son essence révolutionnaire. La promotion d’un management de rupture, de long terme, exige donc de définanciariser l’entreprise et le travail.

Ce Wall Street management procède par objectifs quantitatifs de court terme, incompatible avec le développement social et durable : il tue le travail et tue au travail. Il génère la démobilisation, la non-qualité et provoque des accidents tels celui d’AZF.

Mais le partage des rôles qui prévaut est aujourd’hui mortifère : le social aux syndicats, l’économie aux employeurs, l’écologie aux associations extérieures ou aux départements marketing des entreprises !

Nous avons besoin d’un management qui prenne en compte le rôle contributif des salariés, conjugue social, économie et environnement. Sans reconnaissance et paiement des qualifications, on ne peut qu’obtenir une société du low cost, ignorante des ambitions écologiques.

Des cadres supérieurs du nucléaire déplorent la disparition des disputes professionnelles sur la sécurité des centrales, remplacées par de procédures normatives et comptables. Or la révolution écologique a besoin de réflexion, d’innovation et d’investissements. Elle appelle une conception de l’entreprisedifférente de la société d’actionnaires.

Elle induit une entreprise qui soit communauté de travail, créative et qui redéfinisse ses liens avec la société. Rendre contraignantes les préconisations des accords de RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise) pour qu’elles soient effectives au niveau des collectifs de travail permettrait d’aller dans ce sens.

Cette révolution écologique passe par une nouvelle conception de l’industrie et impose de faire le choix du progrès social, scientifique et environnemental. La production marchande incontrôlée et le productivisme doivent laisser place à une production satisfaisant les besoins de tous. Une révolution écologiquedémocratique, qui intègre les choix écologiques dans les procès de travail.

Jean-François Bolzinger est co-directeur de la revue Progressistes.

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