C’est très jeune qu’Ida, native de Lackhausen, dans la région du Rhin, décide de s’orienter vers la chimie, domaine qui cherche alors activement à recruter. En 1915, alors que les universités berlinoises ne sont ouvertes aux femmes que depuis six ans, elle intègre l’Université technique de Berlin, où elle obtient ainsi en 1919 une licence en génie chimique et métallurgique puis un doctorat, en 1921. Cette même année, elle devient la première femme à occuper un poste de chimiste professionnelle dans l’industrie chimique allemande.
Peu de temps après, elle entreprend avec son futur époux, Walter Noddack, des recherches sur deux éléments encore inconnus du tableau de Mendeleïev : l’élément 43 (technétium) et l’élément 75 (rhénium). En 1925, leurs travaux portent leurs fruits et si la courte période de l’élément 43 ne leur permet pas de confirmer par spectroscopie l’obtention de ce dernier, la découverte de l’élément 75 est, quant à elle, validée. C’est le nom de rhénium qui est retenu pour celui-ci, en hommage à la région natale de la chimiste.

En 1934, à l’occasion d’une expérience d’Enrico Fermi au cours de laquelle de l’uranium est bombardé par un faisceau de neutrons, elle émet l’hypothèse selon laquelle certains noyaux d’uranium pourraient s’être scindés en noyaux plus légers. Ses réflexions constituent une des premières expressions de l’idée de fission nucléaire – confirmée et bien connue depuis –, mais aucun de ses collègues ne la prend au sérieux.
Elle est nommée à trois reprises pour le prix Nobel de chimie qui ne lui a jamais été attribué.
Claude Frasson
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