Les sciences et les techniques au féminin: Marie Tharp (1920-2006), Claude Frasson*  

Marie Tharp est née en 1920 dans le Michigan. Très jeune elle apprend les bases de la cartographie auprès de son père William Edgar Tharp, géomètre employé au Département de l’agriculture des États-Unis. Lorsque la seconde guerre mondiale éclate, alors que de nombreux jeunes hommes se sont engagés dans l’armée, l’université du Michigan met en place un programme réservé aux femmes afin de palier au manque d’étudiants. C’est ainsi qu’en 1944, Marie devient une des premières femmes à être admise en géologie et à obtenir un master dans ce domaine.

En 1948, après l’obtention d’un diplôme de mathématique à l’université de Tulsa, elle rejoint l’université de Columbia afin de devenir assistante chercheuse de William Maurice Ewing au sein du laboratoire de géologie. Alors qu’ un projet est lancé afin de cartographier les fonds marins, les règles misogynes de l’époque l’empêche de monter à bord du navire et ce n’est qu’en 1965 qu’elle peut accompagner ses homologues masculins en expédition. Restée sur terre, elle convertit les données bathymétriques relevées par Bruce Heezen afin de cartographier la dorsale médio-atlantique. Il s’avère que ses découvertes vont dans le sens de la théorie de la tectonique des plaques alors très décriée aux États-Unis. Bien que son propre collègue Heezen qualifie ses hypothèses de « girl talk » (« bavardage de fille ») ; ses convictions sont confirmées par le travail cartographique de Howard Foster qui met en évidence la correspondance entre les épicentres des séismes et les dorsales dessinées par Marie. De même, c’est en vain que Jean-Jacques Cousteau tente de démontrer lors d’une expédition que les cartes de Tharp sont erronées. Bien contraire, il parvient à filmer une dorsale au fond de l’océan confirmant ainsi la justesse de la théorie de Marie. La publication en 1977 de la carte du plancher océanique mondiale favorisera l’acceptation et la vulgarisation de la théorie de la tectonique des plaques et celle de la dérives des continents.

Marie Tharp décède en 2006 à l’âge de 86 ans non s’en avoir été célébrée pour son travail remarquable. Parmi ses récompenses, elle reçoit en 1978 le médaille Hubbard de la National Geographic Society et est reconnue comme l’une des plus grandes cartographes du XXe siècle par la Philip Lee Phillips Society en 1997.

Claude Frasson

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