Dernier rapport du GIEC : le programme climatique de Fabien Roussel au banc d’essai

Un rapport qui tire Ă  nouveau la sonnette d’alarme. Nous avons voulu voir si le programme du candidat Fabien Roussel rĂ©siste bien et rĂ©pond Ă  l’urgence pointĂ©e par les scientifiques du GIEC. DĂ©cryptage.

Un rapport qui rappelle l’urgence de l’action

Le rapport du 3e groupe de travail du GIEC associĂ© au 6e rapport d’évaluation de cet organe liĂ© Ă  l’ONU a Ă©tĂ© publiĂ© aujourd’hui par approbation des 195 pays membres. AprĂšs celui consacrĂ© aux bases physique du changement climatique d’aoĂ»t 2021, et celui sur les impacts du changement climatique et l’adaptation Ă  ceux-ci publiĂ© en fĂ©vrier 2022, ce dernier rapport est consacrĂ© Ă  l’attĂ©nuation du changement climatique, c’est-Ă -dire sur les moyens de lutter Ă  la racine contre la catastrophe planĂ©taire qui nous menace si nous ne dĂ©carbonons pas rapidement nos Ă©conomies.

La piste pour respecter les accords de Paris est dĂ©sormais de plus en plus Ă©troite et de plus en plus exigeante, car les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre continue d’augmenter. Les Ă©missions augmentent dans presque toutes les rĂ©gions du monde, et dans tous les domaines. Contenir le rĂ©chauffement Ă  1,5°C suppose d’atteindre le pic des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre avant 2025 au plus tard, et de les rĂ©duire de plus de 40 % d’ici 2030, et ĂȘtre quasi nulles en 2050 ; pour rester sous les 2°C, aux, il faut atteindre le pic d’émission avant 2025, les rĂ©duire d’un quart d’ici 2030, et ĂȘtre quasi nulles en 2070. Un accent particulier est Ă  mettre sur la rĂ©duction des Ă©missions de mĂ©thane, dont le pouvoir rĂ©chauffant est bien plus fort que celui du dioxyde de carbone, mais dont la durĂ©e de vie est aussi plus faible. L’attĂ©nuation du changement climatique passe donc par une baisse immĂ©diate et gĂ©nĂ©ralisĂ©e des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre, le cas Ă©chĂ©ant avec le dĂ©veloppement de la capture et du stockage de carbone, qui accĂ©lĂ©reront l’atteinte des objectifs climatiques. Il faut, en tout Ă©tat de cause, rĂ©duire substantiellement le recours aux combustibles fossiles (pĂ©trole, gaz), quel qu’en soit l’usage. Le risque est que des politiques d’aujourd’hui, en termes d’infrastructures Ă©nergĂ©tiques ou de transports, ou de politiques de l’urbanisme et de la construction, ne bloquent l’évolution socio-Ă©conomique des dĂ©cennies Ă  venir dans un mode de fonctionnement qui rende impossible la nĂ©cessaire dĂ©carbonation.

L’heure est donc Ă  une action urgente ; malheureusement, le rapport constate que les investissements sont trois Ă  six fois infĂ©rieurs Ă  ce qui est nĂ©cessaire pour atteindre cet objectif. Pire : les politiques climatiques actuelles continuent d’amener une hausse des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre, qui nous conduisent Ă  une dĂ©sastreuse hausse de tempĂ©rature de 3,2°C en moyenne en 2100, voire plus si le systĂšme climatique finit par ne plus pouvoir absorber ce que nos Ă©missions de gaz Ă  effet de serre lui imposent, alors que le rapport du 1er groupe de travail a montrĂ© qu’à de telles tempĂ©ratures, certaines rĂ©gions du monde deviendront invivables, et que le rapport du 2e groupe de travail a montrĂ© l’étendu catastrophique des consĂ©quences du changement climatique Ă  de tels niveaux de rĂ©chauffement. Chaque dixiĂšme de degrĂ© gagnĂ© compte ! Sinon ce sont les gĂ©nĂ©rations futurs qui le paieront chers, non pas pour des dĂ©cennies, mais pour les siĂšcles Ă  venir : la montĂ©e des ocĂ©an et la tempĂ©rature Ă©levĂ©e seront en effet persistants pour des siĂšcles, et ce sera impossible de revenir en arriĂšre.

Le rapport rappelle que le coĂ»t de l’inaction sera Ă  terme plus Ă©levĂ© que celui de l’action ; pourtant, les options disponibles pour diviser par deux les Ă©missions d’ici 2030 existent, avec de nombreuses options dont le coĂ»t est infĂ©rieur Ă  100 dollars par tonne Ă©quivalente de CO2. Enfin, le rapport invite Ă  lier les politiques d’attĂ©nuation et d’adaptation, en prenant appui sur les 17 Objectifs de dĂ©veloppement durable adoptĂ© par l’ONU dans son Agenda 2030.

Fabien Roussel et l’action climatique

Fabien Roussel rĂ©affirme son objectif de s’appuyer sur l’expertise scientifique nationale et internationale pour rĂ©pondre Ă  l’enjeu climatique de dĂ©carbonation totale de la France en 2050. La stratĂ©gie prĂ©conisĂ©e par Fabien Roussel s’appuie sur les conclusions des prĂ©cĂ©dents rapports du GIEC et confirmĂ©s par celui-ci : il faut augmenter l’électrification propre des usages finaux ; pour y parvenir, Ă  court terme et sur le plan local, les efforts de dĂ©carbonation doivent ĂȘtre menĂ©s avec les Ă©nergies renouvelables (Ă©olien et solaire notamment), dont les coĂ»ts sont dĂ©sormais faibles et, Ă  plus long terme et Ă  plus grande Ă©chelle, par les solutions techniques comme l’électricitĂ© nuclĂ©aire et la capture et le stockage de carbone. Les moyens techniques et financiers pour laisser une Terre vivable Ă  nos enfants existent ! Fabien Roussel propose en particulier un fonds de 140 milliards d’euros annuel pour le climat et l’emploi.

Pour ce qui est de la France, les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre Ă©tant majoritairement le fait des transports (31 % des Ă©missions, chiffre 2019 du Haut Conseil pour le climat), Fabien Roussel propose un vaste plan d’investissements dans les transports collectifs, notamment les trains du quotidien ; la gratuitĂ© des transports urbains est un objectif prioritaire pour diminuer l’usage de la voiture individuelle en ville. Concernant le fret, Fabien Roussel prĂ©conise la diminution du fret routier et, Ă  l’inverse, le dĂ©veloppement massif du fret ferroviaire et fluvial. Pour ce faire, le monopole national de la SNCF sera reformĂ©.

Le deuxiĂšme poste d’émission incombe Ă  l’industrie. Les exigences de souverainetĂ©, d’emploi et de rĂ©duction des Ă©missions de carbone liĂ©es aux importation incitant Ă  la relocalisation industrielle, il est nĂ©cessaire de produire plus d’électricitĂ©, et que celle-ci soit dĂ©carbonĂ©e. C’est pour cette raison que Fabien Roussel est favorable Ă  une relance massive de la construction de centrales nuclĂ©aires, complĂ©tĂ©e par un dĂ©veloppement des Ă©nergies renouvelables, pour que la France s’engage dans un scĂ©nario proche du scĂ©nario N3 de RTE, qui est plus Ă©conome en CO2, en matĂ©riaux et en artificialisation des sols ; cette relance est consubstantielle d’un service public de l’énergie intĂ©gralement public, qui suppose la nationalisation des grands acteurs du secteur. Pour que les prix de l’électricitĂ© demeurent rĂ©gulĂ©s et que les Français bĂ©nĂ©ficient d’une l’électricitĂ© bon marchĂ© telle que le permet le nuclĂ©aire, la France exigera devant l’Union europĂ©enne la fin du marchĂ© actuel de l’électricitĂ©, afin que les pays membres redeviennent souverains en la matiĂšre. Fabien Roussel propose une puissante impulsion en faveur de la recherche pour actionner tous les leviers de dĂ©carbonation possibles, qu’ils soient immĂ©diats ou de plus long terme, en particulier en faveur de l’hydrogĂšne, de la fermeture du cycle du combustible nuclĂ©aire (avec le projet Astrid), et en faveur de la fusion nuclĂ©aire (avec ITER), l’enjeu Ă©tant de produire autant d’énergie que nĂ©cessaire pour la sociĂ©tĂ© française avec le moins de moyens requis.

Concernant l’agriculture qui est le troisiĂšme poste d’émissions de CO2, Fabien Roussel prĂ©conise l’encouragement Ă  une transition agro-Ă©cologique compatible avec les objectifs de rĂ©duction des Ă©missions de CO2, favorisant la qualitĂ© des produits, et plus rĂ©siliente aux alĂ©as climatiques. Au regard de leur rĂŽle dans la capture de carbone, la qualitĂ© des sols doit ĂȘtre prĂ©servĂ©e et restaurĂ©e, et leur artificialisation stoppĂ©e ; la politique forestiĂšre doit encourager la mixitĂ© des essences, qui a un impact climatique et biologique positif, tout en adaptant les plantation au changement climatique attendu pour les dĂ©cennies Ă  venir. La France portera une rĂ©forme de la PAC qui favorise les petits exploitants et les objectifs Ă©cologiques.

Concernant le bĂątiment, qui est le quatriĂšme poste d’émission, Fabien Roussel propose la crĂ©ation d’un service public de l’efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique, et de consacrer 100 milliards par an Ă  la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique des logements (avec un objectif de 700000 logements rĂ©novĂ©s par an) et des bĂątiments publics.

Par ailleurs Fabien Roussel affirme qu’il est possible de vivre en bonne entente dans une planĂšte comptant 9 milliards d’habitants en 2050 , tout en prĂ©servant le climat, les ressources, mais selon lui il faut d’autres bases, un autre systĂšme Ă©conomique sortant du critĂšre du profit immĂ©diat mais au service des peuples : de la coopĂ©ration, moins de dĂ©pense d’armement, arrĂȘt des armes nuclĂ©aire et rĂ©orientation des crĂ©dits, 1 000 milliards de dollars par an d’aide aux pays pauvres comme demandĂ© Ă  la COP26, une banque du climat pourrait jouer ce rĂŽle de faire des prĂȘts massifs dans ce sens, rĂ©orienter les accords commerciaux et de libre Ă©change pour qu’ils intĂšgrent les contraintes climatique, garantir  la diffusion des brevets des meilleurs technologie bas carbone existantes.

Comme la paix, le climat doit ĂȘtre une grande cause mondiale !

L’intĂ©gralitĂ© du programme des Jours heureux de Fabien Roussel sur les questions climatiques est disponible Ă  l’adresse https://www.fabienroussel2022.fr/le_programme

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.