Les sciences et les techniques au féminin: Hedy Lamarr (1914-2000), Claude Frasson*

*Claude FRASSON est membre du comité de rédaction de Progressistes

Une ombre file, c’est une jeune femme qui s’enfuit dans la nuit. Affublée de vêtements volés à une domestique, elle part loin de son mari. On pourrait croire à une scène d’ouverture d’un film dont elle aurait pu être la vedette, mais il s’agit bien d’un véritable épisode de la vie de Hedy Lamarr. En 1933, après son succès dans Extase, elle épouse le marchand d’armes Friedrich Mandl ; elle le quitte moins de cinq ans plus tard, lorsque celui-ci commence à travailler avec les nazis. Elle rejoint alors la Californie, où elle signe un contrat avec la prestigieuse MGM.

Icône glamour lorsqu’elle est sous les feux des projecteurs, hors des plateaux Hedy est inventrice. Tandis que la guerre fait rage et que les paquebots de passagers sont torpillés, une idée germe lors d’une des nombreuses discussions passionnées qu’elle a avec le compositeur George Antheil. Grâce aux connaissances en armement acquises lors de son premier mariage et aux expérimentations d’Antheil dans son Ballet mécanique (1924), où il synchronisait seize pianos et organisait « des sauts de notes », les deux amis vont concevoir et mettre au point un système secret de codage de transmission. Ce système, dénommé « étalement de spectre par saut de fréquence », permet aux récepteurs des torpilles alliées radioguidées de sous-marin de changer de fréquence, et donc de ne pas être détectée.

Il faudra attendre 1997, année de la levée du secret défense sur son invention, pour que Hedy Lamarr reçoive le prix de l’Electronic Frontier Foundation. Elle n’aura cependant jamais eu de compensation financière pour son travail alors qu’aujourd’hui encore le système par saut de fréquence est utilisé pour les GPS et le wifi.

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