Hommage à George Monsonégo, par Francis Wurtz et Hülliya Turan

George Monsonégo 1933 – 2021

Nous reproduisons ici l’hommage de Francis Wurtz ancien député européen et Hülliya TURAN
Secrétaire départementale de la fédération du PCF Bas Rhin, suite au décès de Georges Monsonégo, ce militant de la science, comme le titrait récemment le journal l’Humanité.

Voir aussi l’article « George Monsonégo, disparition d’un homme de conviction, de science et d’action. »

GEORGES MONSONEGO, UN SCIENTIFIQUE PASSIONNÉ ET PASSIONNANT

par Francis Wurtz

J’ai connu Georges Monsonego depuis le début des années 70.

De réputation, d’abord : son aura de Professeur d’Université, de Directeur de recherche du CNRS, de Directeur du Centre de calcul de Cronenbourg…impressionnait beaucoup l’étudiant que j’étais. Puis, jeune communiste strasbourgeois, j’eus le privilège de côtoyer cette personnalité admirée et respectée par tous ses camarades.

Je me souviens avoir été impressionné par la facilité avec laquelle on pouvait l’aborder. De nature réservé, presque timide, il était aux antipodes de ces « sachants » imbus de leur savoir et prompts à vous faire sentir que vous ne faites pas partie de leur monde. Georges était « quelqu’un ».

Les circonstances nous ont, par la suite, conduits à nous voir plus souvent. Toujours disponible malgré ses lourdes charges de Délégué régional à la recherche puis de Conseiller auprès du ministre de la recherche, il ne m’a jamais refusé un service : avis sur un texte, rédaction d’une note ou échange sur une question délicate touchant à ses compétences. C’était un scientifique passionné et passionnant. Il ne manquait pas une occasion de fustiger les nombreuses marques de désinvolture envers l’esprit scientifique qu’il regrettait de constater dans le débat public.

J’associe le souvenir de Georges Monsonego , dont je m’honore d’être devenu un ami, à celui une autre figure emblématique du monde scientifique, communiste lui aussi : le grand mathématicien Jean-Pierre Kahane.

Puisse leur riche héritage intellectuel et humain continuer de nourrir la culture des nouvelles générations. J’exprime à ses enfants, Hélène et Pierre, ma profonde sympathie et toute mon amitié.Strasbourg,

le 30 avril 2021

FRANCIS WURTZ

—————————————————————-

Déclaration de la fédération du PCF du Bas Rhin

par Hülliya TURAN
Secrétaire départementale

Cher.e camarade, cher.e ami.e,


C’est avec une profonde tristesse que je t’informe du décès de Georges Monsonégo dans sa 88ème année.

Au nom des communistes du Bas-Rhin, je salue la mémoire d’un camarade de haute valeur.

Son abnégation dans le combat pour la transformation sociale a été d’une constance absolue. Elle force le respect et l’estime de toutes les générations de militant-es communistes qu’il a côtoyées durant ses 69 années de militantisme au sein du Parti Communiste Français.

D’une modestie rare, sa douceur, son sens de la discussion, son brio intellectuel étaient alliés à une grande fermeté de principe.

Né en 1933 au Maroc, Georges y grandit, dans une société marquée par le racisme colonial à l’égard des populations dites « indigènes ». Une expérience de vie qui forgera sa conscience de classe pour l’émancipation humaine.

Lycéen, il rencontre Abraham Sarfaty, leader communiste indépendantiste, surnommé plus tard le « Nelson Mandela » marocain en raison de sa lutte opiniâtre contre Hassan II.

Etudiant à Bordeaux, Georges adhère au Parti Communiste Français en 1952 au plus fort de la guerre froide, dans un monde bipolaire rongé par le colonialisme.

C’est à cette époque qu’il rencontre Simone, sa future femme et notre camarade, avec laquelle il partagera 62 ans de vie commune.

Georges soutient son doctorat de Physique Théorique Nucléaire dans le laboratoire de Frédéric Joliot Curie à Orsay, avant son service militaire à Alger de 60 à 62.

En Algérie, Georges est mis à l’index par les services de l’armée en raison de ses opinions communistes. Fidèle à son engagement internationaliste, il entretient des liens clandestins avec les milieux œuvrant pour la paix et la décolonisation.

Après la guerre d’Algérie, Georges arrive à Strasbourg et peut enfin se concentrer sur sa passion : les sciences.

Georges devient directeur de recherche au CNRS en physique théorique et travaille au Centre de Recherche

Il est naturellement investi au sein de la Commission Nationale Enseignement Supérieur du Parti.

Membre du Conseil départemental de notre Fédération pendant près de quatre décennies, Georges est un esprit libre au regard vif, dont les apports politiques sont précieux.

En 2006, son engagement est également marqué par son investissement pour relancer une activité communiste dans la jeunesse de notre département, prélude à la relance de la JC, une première après plus de 20 ans.

Farouchement attaché à l’amitié entre les peuples, Georges s’investit jusqu’à son départ, comme représentant du PCF dans le comité de vigilance antifasciste Justice et Libertés.

Attaché au développement de l’esprit scientifique en ces temps où l’obscurantisme progresse, il relance activement l’Université Nouvelle, association d’éducation populaire, en 2015, marchant ainsi dans les pas de notre regrettée camarade Paulette Fischer.

Retraité en 2002, Georges nous conseille jusqu’à peu sur les questions politiques contemporaines, restant militant jusqu’à son dernier souffle.

A sa famille et singulièrement à son fils Pierre, à sa fille Hélène, je présente toutes mes condoléances, en mon nom et en celui des communistes de notre Fédération.

L’inhumation se fera dans un cadre familial dans le Périgord.

Fraternellement,

Hülliya TURAN
Secrétaire départementale de la fédération PCF du Bas Rhin

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.