Brèves (N°28)

À l’ombre de CrewDragon, la réussite du nouveau vaisseau spatial chinois

Vue panoramique de la face cachée de la Lune envoyée par la sonde chinoise Chang’e-4 le 11 janvier 2019.

Début mai 2020, la sonde spatiale chinoise Chang’e-4, lancée le 7 décembre 2018 sans équipage à son bord mais avec du matériel d’exploration, s’est posée sur terre signant le succès de sa mission d’essai. Au-delà d’une réussite technologique pour l’agence chinoise chargée des vols habités – la CMS –, il s’agit d’un tremplin pour envisager désormais le lancement d’une grande station spatiale. Une livraison prévue pour 2022. Le 3 janvier 2019, la Chine est devenue la première nation au monde à faire alunir une sonde sur la face cachée de la Lune. Le pays envisage aussi une mission habitée sur notre satellite dans la prochaine décennie. Alors que l’aventure spatiale états-unienne célèbre le partenariat entre la NASA et la filiale SpaceX du magnat Elon Musk, la Chine poursuit son odyssée spatiale planifiée.

La création du fonds Bezos pour la Terre interroge

Le patron et fondateur d’Amazon a crée son fonds pour la Terre. L’apport initial de 10 milliards d’euros se fait sur fortune personnelle – il restera néanmoins à l’homme le plus riche du monde la bagatelle de 120 milliards d’euros, au bas mot. En comparaison, le Fonds vert pour le climat, mis en place par l’ONU pour aider les pays du Sud à combattre les effets du changement climatique, est doté de presque 10 milliards de dollars. De la part de ses employés mêmes, le scepticisme est de mise. Le soupçon de compensation environnementale – et d’image – des dégâts du géant Amazon plane. Fin 2019, sous la pression de ses employés, Jeff Bezos a révélé que son entreprise avait émis 44,4 millions de tonnes d’équivalent CO2 en 2018. C’est un peu plus que ce qu’a émis en 2015 l’Équateur, et un peu moins que le Portugal, selon les données de la Banque mondiale. C’est que le fonctionnement d’Amazon est énergivore : fabrication en masse, transports multimodaux, livraisons de colis suremballés par camions roulant de plus en plus presque vides. À cela il faut ajouter la vraie plusvalue de l’entreprise : ses data centers, ses centres de données, utilisés pour alimenter l’immense plateforme de vente en ligne sont eux aussi énergivores. L’autre grand reproche fait à Amazon, c’est le gâchis que la firme génère. En janvier 2019, l’émission Capital, sur M6, avait révélé que la logique commerciale d’Amazon conduisait ses vendeurs à détruire des invendus plutôt que de les stocker. L’enquête estimait que, en France, environ 3 % des produits stockés étaient ainsi jetés chaque année, soit 3250000 objets neufs.

Google abandonne son projet de smart city à Toronto

La filiale d’Alphabet (maison mère de Google) nommée Sidewalk Labs a finalement jeté l’éponge : le projet de smart city sur une friche portuaire de Totonto est abandonné. Deux ans de recherches auront été balayés par de vives oppositions locales, des doutes sérieux sur le contrôle des données ainsi que par de réels choix de coupes budgétaires adoptés par Google. Fin 2018, l’ancienne commissaire à la protection de la vie privée de l’Ontario, Ann Cavoukian, avait démissionné de son poste de consultante du projet de smart city. Et ce pour dénoncer une ville « intelligente » plus surveillante qu’innovante. Les pistes cyclables chauffées, les robots distribuant les colis, les déchets régulés automatiquement ainsi que les espaces multifonctionnels resteront ce qu’ils sont, des images alléchantes.

Un bateau autonome pour la surveillance des océans

L’ONG ProMare a conçu un trimaran capable de naviguer sans équipage, le Mayflower (ainsi baptisé en mémoire du vaisseau qui, il y a quatre siècles, traversa l’Atlantique transportant les colons fondateurs de Playmouth). Piloté par un logiciel de la firme IBM, l’autonomie de ce bateau est réelle tant les réactions se font « seules », grâce aux informations recueillies et au deep learning. Pour passer l’étape du prototype, il faudra encore attendre septembre. Côté propulsion, le projet est bien pensé : le bateau fonctionnera à l’énergie solaire et éolienne, avec le renfort d’un moteur thermique. La surveillance des océans – une des missions dévolues au Mayflower –, enjeu majeur que nous développons dans notre revue, est fondamentale. En effet, la température des océans est à scruter, tant elle conditionne la captation de CO2. De même, le niveau des eaux est à analyser au vu de la montée certaine des masses océaniques, menaçant archipels et bandes côtières souvent urbanisées.

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