Eau de Paris: Premier bilan, Jean-Noël Aqua*

Avec la création d’une régie pour l’alimentation en eau potable, les citoyens et consommateurs ont gagné ce que les actionnaires ont perdu.

*Jean-Noël AQUA est conseiller de Paris.


En 2010, Eau de Paris (EdP), régie municipale de production et distribution de l’eau, était créée.

Les élu(e)s communistes l’avaient revendiquée depuis de nombreuses années. La gauche municipale s’était enfin accordée pour sortir l’eau de la gestion des multinationales (Suez, ex-Lyonnaise; Veolia, ex-CGE). La municipalisation s’est traduite par de réels progrès pour les citoyens et « consommateurs ».

L’indicateur souvent premier pour la comparaison des modèles de gestion (public ou privé) est le prix de fourniture de l’eau. La municipalisation s’est traduite par une diminution du prix de 7 % la première année, et une stabilisation depuis. En 2014, le différentiel de prix avec le SEDIF (Syndicat des eaux d’Île de-France), gérant l’eau en région parisienne par délégation de service public (DSP) à Veolia, atteignait 0,36€ en moins par mètre cube ; il était encore de 0,18€ en 2017.

La chambre régionale des comptes analyse la différence comme étant due pour moitié à l’absence de rémunération des actionnaires et pour moitié à une exonération de taxe sur les sociétés pour la régie publique. La gestion publique a donc permis aux consommateurs parisiens d’y gagner, mais aussi à ceux d’Île-de-France, car le SEDIF baisse désormais ses prix dans la perspective de renégociation des DSP dans les années à venir…

Effet domino : au-delà du prix, la qualité de l’eau s’est nettement améliorée à Paris. Les indicateurs de conformité des prélèvements sanitaires (microbiologie et physico-chimie) se sont améliorés, certains atteignant 100% de conformité en 2019. Mais, la gestion commune n’a pas été un gain que pour les consommateurs. La gestion publique permet aux citoyens, via leurs représentants élus siégeant majoritairement au conseil d’administration de l’entreprise, de promouvoir des objectifs structurants.

Le premier est la solidarité avec des territoires franciliens, et aussi avec les citoyens les plus modestes. Dans l’accord programmatique de 2014, les communistes avaient défendu la gratuité des premiers mètres cubes. C’est chose faite pour les plus modestes : 15000 foyers.

La solidarité s’exprime aussi avec des territoires franciliens moins riches, notamment par la vente d’eau à la communauté d’agglomérations du Grand Paris Sud, avec Grigny et son maire Philippe Rio.

Enfin, à l’international, la solidarité se traduit par un transfert de connaissances et de techniques au bénéfice de municipalités de pays en développement.

Deuxième axe structurant, l’écologie. La régie parisienne a largement contribué au développement de la géothermie, mais aussi de terres agricoles bio ou sans intrants chimiques afin de protéger la ressource au-dessus des bassins de captage. Au final, l’investissement de la régie a véritablement contribué au plan climat-énergie de la Ville. Évidemment, tous les problèmes de l’entreprise n’ont pas été réglés par la municipalisation.

Les communistes interviennent singulièrement sur la question des personnels, car une gestion publique suppose aussi la sécurisation des personnels. Finalement la municipalisation de l’eau s’est traduite par un gain tant pour les consommateurs que pour les citoyens… au détriment des actionnaires

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