Retour vers le progrès, Sébastien Elka*

Université d’été du PCF de 2013

*Sébastien Elka est membre du Comité de Rédaction de Progressistes.


Il y a bien longtemps que les sciences de la nature n’avaient trouvé pareille résonance dans un cénacle communiste ! Face aux montagnes majestueuses des Karellis, cinq ateliers offraient aux communistes d’osciller entre poèmes de l’astrophysique et vertiges du nano-monde. Sans jamais perdre de vue – on ne se refait pas ! – les enjeux politiques. Car comme l’a rappelé l’écologue Luc Foulquier parlant de la revue Progressistes1, les enjeux scientifiques et techniques sont au cœur des questions qui traversent nos sociétés et, en particulier, la gauche. Si le progrès technique ne semble plus mécaniquement porteur de progrès humain, que faire ? Faut-il considérer qu’avec la finance au pouvoir la technique est devenue tellement toxique que la seule réponse sensée est de lui tourner le dos, de viser la décroissance et le retour individuel et individualiste à la terre, la « sobriété heureuse » ? Ou doit-on chercher une organisation de société qui remette les sciences et techniques au service du progrès social ? Ou autrement dit, peut-on encore être progressiste ? Pour les scientifiques présents, la réponse est claire : oui ! Ainsi pour Gilles Cohen-Tannoudji, physicien au CEA, la découverte récente du boson de Higgs est certes une découverte scientifique de premier plan, mais c’est aussi la démonstration qu’un modèle diamétralement opposé aux canons du capitalisme comme celui du CERN (cf. encart) peut exister, réaliser de grandes choses et ouvrir les portes d’un nouveau monde ! CERN qui a également donné au monde les navigateurs Internet ou le système informatique libre Linux. Et la veille, c’était Catherine Cézarsky2, académicienne chaleureuse et accessible, qui avait souligné ce que le savoir humain sur l’histoire de l’univers doit au partage, à la mise en commun. Au désir désintéressé de découvrir, de comprendre, d’allumer toujours plus d’étoiles lointaines. Sur la terrasse, entre 2 verres, l’équipe de la revue Progressistes braque une lunette sur le disque solaire. Sur le disque d’or ourlé d’écoulements rougeoyants, quelques taches sombres. Il reste toujours un peu d’ombre, et c’est heureux. Car il ne faut jamais l’oublier : dans la lumière totale comme dans les ténèbres, nous sommes aveugles.

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