Petit tour de france des « possibles », Samira Erkaoui*, Ivan Lavallée**, Anne Rivière***

De nombreuses réalisations et expérience pionnières pourraient être de bons points d’appui en vue d’une généralisation sur tout le territoire. Avec plusieurs statuts : réussites confirmées, expérimentation, et parfois aussi des pistes non concluantes. Petit tour d’horizon de quelques communes et de leurs efforts pour contribuer à la préservation de notre environnement.

*Samira Erkaoui est docteure en sciences des matériaux et nanosciences.

**Ivan Lavallée est professeur d’informatique.

*** Anne Rivière est juriste.


L’ALLIER SOUTIENT L’AGRICULTURE DE PROXIMITÉ

Le Conseil général de l’Allier à majorité communiste s’est engagé depuis 2008 dans une démarche de développement et de restructuration de l’agriculture locale, qui se fonde, notamment, sur une politique encourageant l’approvisionnement de la restauration collective en produits locaux. La charte « Produits d’Allier », créée par le Département, compte désormais de nombreux signataires. Le président Jean-Paul DUFREGNE et les vice-présidents veulent aujourd’hui aller plus loin, afin de faciliter et multiplier l’introduction de produits locaux dans les menus proposés en restauration collective et ainsi soutenir activement les producteurs locaux. Pour cela, le Conseil général de l’Allier va adhérer à l’association nationale Agrilocal, une initiative originale lancée par le département de la Drôme, qui s’inscrit dans la droite lignée de cette politique. 23 collèges du département, les communes de Beaulon et Prémilhat, le restaurant inter-administratif de Moulins Yzeure, ainsi que l’Institut de formations interprofessionnelles (IFI 03), l’entreprise Saveur et Tradition Bocage et un foyer de jeunes travailleurs ont signé la Charte Produits d’Allier. Cet outil, créé par le Conseil général de la Drôme, a été développé avec l’aide du Conseil général du Puy-de-Dôme en octobre 2012. Aujourd’hui, 15 Départements ont manifesté leur intérêt pour cette idée originale. Une association nationale est sur le point de voir le jour, avec pour objectif d’assurer la promotion des circuits agricoles de proximité, le développement de l’agriculture et le renforcement de l’économie locale, notamment via la restauration collective. Cette décision constitue un véritable espoir et exemple d’organisation vertueuse à l’échelle d’un territoire, bénéficiant à l’ensemble des partenaires.


LE VÉGÉTAL TÉGÉVAL DU VAL DE MARNE

Un jeune cèdre du Liban a été symboliquement planté le 2 octobre au parc Saint Martin de Limeil-Brévannes pour fêter le lancement des travaux de la Tégéval anagramme de végétal, coulée verte destinée aux piétons, joggeurs, cyclistes, rollers, poussettes et encore fauteuils roulants, qui reliera Créteil à Santeny sur les emprises des délaissés du TGV, réalisation à l’initiative du Conseil Général du Val de Marne, destinée aussi à assurer la liaison avec la coulée verte de Seine-et-Marne. Au programme : 20 km de cheminement arboré qui traversera tous les espaces verts du périmètre depuis la base de loisirs de Créteil, le parc départemental, la Plage bleue jusqu’à la forêt Notre-Dame. Destiné aux loisirs, le chemin devrait aussi s’inscrire dans le parcours quotidien jusqu’aux transports en commun avec plusieurs stations. Le projet est conçu en liaison aussi avec le projet Téléval de téléphérique urbain. La réalisation, en cours, de cette coulée verte végétale, est due à l’initiative du maire communiste de Villeneuve-Saint-Georges, Sylvie Altmann qui en préside aujourd’hui le syndicat Mixte d’Etudes et de Réalisation (SMER), et est financée à 40 % par le Conseil général du Val de Marne et à 60 % par le Conseil Régional d’Île de France. Les travaux concernant la passerelle au-dessus de la N406 devaient commencer en septembre 2013, or l’État (qui doit donner son autorisation puisqu’il s’agit d’une nationale) a demandé une étude complémentaire liée à l’infrastructure de la passerelle. Cela a retardé le commencement des travaux dont on peut tout de même espérer qu’ils démarrent en 2014 et se terminent dans quinze ans, certaines parties étant bien sûr accessibles avant.


LE TRAM-TRAIN SOLUTION D’AVENIR

En province, le tram-train peut jouer un rôle majeur là où ont été abandonnées les lignes de chemin de fer régionales comme dans les Landes ou en Gironde. C’est le cas du « petit train » qui faisait le tour du bassin d’Arcachon de Facture-Biganos à Lège et remontait sur Lacanau. Un tram-train, qui peut rouler à la fois en site propre et sur les rails de RFF permettrait des économies substantielles en carburant, et en gaz à effet de serre. Cela faciliterait la vie des très nombreux résidents qui travaillent sur l’agglomération bordelaise. Plus généralement, un tram-train fret permet d’acheminer les marchandises au cœur des villes en utilisant les voies du tram-train passagers à des heures creuses. La loi SRU (art. 97) rend obligatoire une étude d’impact pour les implantations de grandes surfaces commerciales sur les flux de voitures particulières et les véhicules de livraison, la qualité de la desserte en transports, la capacité d’accueil pour le chargement et le déchargement des marchandises. Des dispositions réglementaires et des actions simples doivent être considérées, comme la réglementation des gabarits, conditionner les livraisons de nuit, dimensionner et gérer correctement les espaces de livraison. Chauffeur-livreur, un vrai métier: une des conditions est de considérer le métier de chauffeur livreur comme une profession à part entière, nécessitant la redéfinition du métier dans les conventions collectives, et de mettre en place massivement des formations de chauffeur-livreur correspondantes, en commençant par une formation continue pour tous ceux déjà en fonction.


SE CHAUFFER GRÂCE À NOS EAUX USÉES

Utiliser les calories des eaux usées pour alimenter un système de chauffage, couplé à une pompe à chaleur, (cf. texte : Nom de code P-A-C, ci-contre) est un procédé qui a de l’avenir. La technique est désormais mise en œuvre pour chauffer 15 000 m2 d’une compostière de boues d’eaux usées dans le quartier nord de Toulouse, Ginestous. Cette innovation a été testée depuis 2 ans à Cagnes sur mer. Cette technique permettra d’économiser environ 65 000 kW/h sur une année soit environ 34 tonnes d’équivalent pétrole (TEP) et aura évité le rejet de 34 tonnes en moins de rejets de CO2 dans l’atmosphère. Plus généralement, l’utilisation de la chaleur des unités d’évacuation des eaux usées et des effluents des agglomérations sont des sources potentielles de chaleur qu’il va falloir utiliser dans les années à venir, ainsi que la méthanisation des dits effluents, technique qui est au point depuis des décennies, mais malheureusement peu mise en œuvre. À ces gisements de calories sous nos pieds, il convient d’ajouter aussi les sources d’eau chaude qu’on peut trouver en profondeur ou plus prosaïquement dans les régions volcaniques. La ville de Gennevilliers dans la banlieue parisienne a mis en place un réseau de chaleur économe en consommation d’énergie qui est basé sur la cogénération. Une expérimentation aussi est en cours sur une technique nouvelle, la pyro-gazéification, qui serait susceptible de fournir du chauffage pour les villes d’Evry et de Courcouronnes.


NOM DE CODE : P-A-C

Non, ce n’est pas ce que vous croyez ni même la Politique Agricole Commune, mais bien la Pompe à Chaleur. Les PACs aqua-thermiques sont susceptibles de délivrer des puissances thermiques bien plus importantes (environ 4 fois plus) que les systèmes classiques pour le chauffage urbain. La production d’énergie est démultipliée, ainsi avec 100 kWh d’électricité consommée, on fournit 400 kWh de chaleur. Ce type de PAC produit fort peu de gaz à effet de serre ou de gaz toxique. Leurs avantages sont variés, de l’indépendance énergétique au faible coût d’exploitation. Leur utilisation va du local individuel, pavillon avec jardin, à l’immeuble en ville. Mais les installations ne sont pas les mêmes car il y a deux grands types de PACs aqua-thermiques. Celle qui va pomper la chaleur dans la nappe profonde. Le plus souvent, elle pompe de l’eau dans la nappe phréatique, la relève, prélève des calories grâce à la pompe à chaleur proprement dite et rejette l’eau ainsi refroidie dans la nappe, sans lui avoir fait subir aucun traitement ni ajouts de quelque adjuvant que ce soit. L’autre type est l’aqua-thermie horizontale, on devrait sans doute là parler de géothermie plutôt. Mais là il faut disposer d’une surface assez importante de terrain dénué d’arbres et de construction. Pour ce qui est de l’habitat collectif, l’utilisation de PACs aqua-thermiques passe sans doute par la chaleur contenue dans les eaux usées (cf. texte ci-contre : Se chauffer grâce à nos eaux usées).


DES JARDINS SUR LES TOITS

Il y a bien des ruches sur le toit de l’Opéra Garnier à Paris, il va y avoir des jardins sur les toits de quelques immeubles où les abeilles pourront butiner. En effet, le 4 avril 2013 a été inauguré à Paris, la plus grande terrasse végétalisée sur un toit à Paris, 7 000 m2, au sommet du centre Beaugrenelle dans le 15e arrondissement. Il s’agit là, non seulement d’une première à Paris – alors qu’un million de m2 de toiture est végétalisé en France –, mais surtout d’une tentative d’obtenir une régulation climatique, isolation contre le froid en hiver, et climatisation en été, tout en promouvant la biodiversité. Un autre avantage non négligeable de cette technique, c’est l’isolation sonore qu’elle confère, aussi bien aux bruits venant de l’extérieur qu’à ceux générés par l’activité du centre commercial. À noter aussi sa capacité à retenir l’eau de pluie, jusqu’à 90 %, ce qui évite l’engorgement et qui double en moyenne la durée de vie et de l’étanchéité des toitures. Pour attirer les oiseaux de différentes espèces, mésanges, rouges-queues et autres pinsons, les « piafs » de Paris : des nichoirs seront déposés sur la terrasse. Toutefois la démarche est loin d’être évidente, les études ne sont pas toujours fiables ou adaptées selon le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).


ACHÈRES, LA FUTURE PLATE-FORME PORTUAIRE, PORTE D’ENTRÉE DE PARIS

La future plate-forme multimodale (route-eau-fer) d’Achères, très bien située à la confluence de la Seine et de l’Oise, devrait permettre un triplement du transport fluvial de marchandises importées du Havre et la création de 3 000 emplois dans les entrepôts associés. 13 % de l’approvisionnement de l’Ile de France est déjà réalisé par voie d’eau. Ce sera une plate-forme de près de 400 ha, pour répondre aux objectifs du Grenelle de l’environnement, qui fixe à 25 % l’augmentation à réaliser des modes de transports autres que la route. Une consultation publique est actuellement en cours. Avec la montée en puissance des trafics sur l’Axe Seine et l’ouverture du canal Seine- Nord en 2017, Ports de Paris, établissement public porteur du projet, prévoit le doublement de la capacité fluviale, en incluant les outils logistiques nécessaires. Ce sera une porte d’accès vers le dense réseau des canaux du Nord. Doit-on cependant ne considérer que les fonctions d’approvisionnement urbain du bassin francilien avec ses onze millions et demi d’habitants ? La question du rôle des terminaux intérieurs franciliens doit être posée en coopération avec les différentes parties prenantes, acteurs économiques et institutionnels, pour éviter les concurrences inefficaces et optimiser les opérations d’aménagement et les filières d’écologie industrielle à organiser : recyclage des voitures, des déchets, etc.


TRANSPORTER, LIVRER, COLLECTER PROPREMENT

Comment réduire les nuisances et aider le développement économique, comment préserver l’équilibre économique des différents espaces : centre-ville, zones d’activité et périphérie. Pour une ville comme Bordeaux, 51 % des marchandises acheminées dans la ville le sont par les ménages qui émettent ainsi 11 % des émissions de CO2. Les livraisons sont faites avec de petits véhicules dans un espace très diversifié de magasins. Différentes réponses ont été apportées dans le monde à ce type de problème. Outre l’électrification des véhicules de collecte, de transport et de livraison, repenser l’espace et le temps joue un rôle non négligeable. Réseaux à aspiration pour la collecte des déchets dans 400 villes, système à aspiration aussi pour les transports de fonds des points de collecte aux banques, groupement de stockage pour les magasins avec groupement de livraisons, standardisation des conteneurs, et gestion des horaires de livraison (10-12h) et d’enlèvement (17h). En termes de gestion de l’espace, la ville de La Rochelle a instauré un Centre de Distribution Urbain (CDU) qui sert de relais pour la distribution des marchandises en centre-ville à l’aide de véhicules électriques, ce qui permet de rationaliser le nombre de véhicules de livraison en circulation.


TRANSPORT GRATUIT : L’EXPÉRIENCE RÉUSSIE D’AUBAGNE

Mai 2009: la gratuité des transports est mise en place à l’échelle de l’agglomération, soit 105 000 habitants. Un signe fort de politique de déplacement avec un réseau performant complété par les modes doux : prêt de vélos gratuit, et projet de deux réseaux de transport en site propre, dont le futur tramway d’Aubagne, gratuit aussi. Le financement : gratuité totale pour les utilisateurs du réseau, sans carte. Comment? Avec le « versement transport » des entreprises. Au-dessus de 10 000 habitants, les collectivités perçoivent une contribution des entreprises de plus de 9 salariés, fonction de la masse salariale : 0,6 % pour les collectivités de moins de 100 000 habitants, 1,05 % jusqu’à 400 000, 1,8 % au-delà. Si le réseau compte des transports en site propre, comme le tramway ou le métro, le taux de 1,8 % s’applique. Ainsi pour notre agglomération : 8,6 millions d’euros. Des salariés bien transportés, à l’heure, des zones d’activité bien desservies avec moins de véhicules, c’est bénéfique pour tous. La valeur d’usage se substitue à la valeur marchande et se traduit par un bénéfice très concret en termes d’évaluation monétaire. Moins de trajets en voiture : usure moins rapide des chaussées, moins de places de stationnement à construire, moins de CO2. Plus de déplacements : plus de gens au cinéma, dans les commerces, pas de centre-ville réservé à quelques-uns, pas de communes inaccessibles. On désenclave les cités. Chacun va où il veut, libre. Nous trouvons normal et bénéfique que rues et écoles soient d’accès gratuit. Pourquoi pas les transports ? C’est une novation du service public, non pas en régie, mais avec un délégataire, « Transdev », que nous obligeons à faire de la gratuité. Nous introduisons de la maîtrise publique dans une délégation de service public. Une rupture avec les politiques libérales et la marchandisation comme horizon indépassable.de nouveaux critères possibles de gestion de l’argent public. Une enquête montre un report modal de 35 %, soit plus de 5 000 voyages en voiture ou moto évités par jour. Le matériel est respecté et plus de monde en bus, c’est plus de sécurité. C’est du pouvoir d’achat, 600 à 700 euros par an pour une famille de 4 personnes et l’économie de la deuxième voiture pour de nombreux foyers, soit 5 200 euros. Elle évite le contrôle, qui pointe la hiérarchie des positions sociales. Elle n’est pas une gratuité d’accompagnement pour les plus pauvres, elle est la gratuité de l’émancipation. Des villes européennes y réfléchissent. Étendre partout cette expérience ? C’est une avancée locale sur un champ limité, un petit pas vers l’ « émancipation ».


LES TROLLEY-BUS ET BUS HYBRIDES : VERS LA MOBILITÉ ÉLECTRIQUE

L’avantage comparativement au tramway, c’est qu’il n’y a pas de chantier lourd lié à la nécessaire pose de rails, et la voie peut être utilisée par les autres usagers de la route, et ce, tout en conservant les avantages de la mobilité électrique. Donc beaucoup plus facile à mettre en place, pas de rejets polluants et plus silencieux que les bus à moteurs thermiques. Certaines villes ont gardé leur trolley et les ont même modernisés : Lyon est une ville emblématique dans ce domaine, avec pas moins de 7 lignes mais citons également des projets d’extension et de création de lignes nouvelles avec la ville de Valenciennes (30 km), Nancy (12 km), Lorient (11 km) et Saint-Etienne (11 km)… et l’Europe n’est pas en reste : Geneve (6 lignes), Lausanne, Zürich, Rome, Berlin, Gênes, Parme, Milan, Athènes, Solingen, Eberswalde, Salzburg, Innsbrück… et dans le monde, plus de 10 000 trolleybus sont en circulation, et près de 348 villes exploitent des trolleybus. Néanmoins, comme toutes solutions techniques, il y a aussi des inconvénients: l’usage de caténaire fait que le trolley est moins flexible concernant la gestion du trafic: difficile de dévier les bus pour un itinéraire bis en cas de congestion sur une partie du trajet ou de travaux sur la voirie, à moins de disposer de trolley avec moteur thermique en parallèle. Il serait utile d’ailleurs, en se servant du retour d’expérience des nombreuses villes citées avec ce type de transport, de lancer des études incluant la faisabilité technique notamment pour la gestion de l’exploitation, l’aspect économique et le gain environnemental.


NOUVEAUX PHÉNOMÈNES URBAINS : LES JARDINS PARTAGÉS

Certains habitants, regroupés pour des initiatives « citoyennes », souhaitent investir des espaces publics, de différentes façons: jardins dans des écoles, dans des centres sociaux, friches provisoires ou réalisations de projets inspirés de l’écologie urbaine et du développement durable. La commune doit alors harmoniser les interventions, dans l’espace et dans le temps, puisque le jardin reste une propriété publique et que sa gestion peut nécessiter un accompagnement, des actions de responsabilisations, ou une assistance des services municipaux. L’idée est de préserver tout à la fois l’intérêt général et l’investissement de citoyens désireux de participer à la vie de leur ville. Il est d’usage d’y voir un outil de démocratie participative. Une charte peut définir les modalités d’usage du jardin, souvent avec une association porteuse du projet : temps et horaires d’ouverture, affichage des réunions ou événements, définition de règles de fonctionnement et respect de principes écologiques et de la conformité des usages du lieu et enfin garantir la sécurité et même l’assurabilité des lieux. Ces jardins fleurissent dans de nombreuses communes et peuvent être le lieu d’échanges et de rencontres.

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