« La femme est l’avenir de l’homme » Louis Aragon, par Aurélie Biancarelli-Lopes*

*Aurélie Biancarelli-Lopes est rédactrice en chef adjointe de Progressistes.


Le 21 avril 1944, grâce à l’impulsion de Fernand Grenier, ministre communiste, les femmes obtiennent en France le droit de voter, d’être élues, et donc de prendre toute leur place dans l’espace public pour exercer le pouvoir à égalité avec les hommes. Depuis, les luttes féministes ont continué, pour la contraception, l’avortement, l’égalité salariale, contre la précarité sociale et les violences.

Ces luttes prennent aujourd’hui un tour particulier qui mérite toute notre attention et la mobilisation massive de nos forces, et ce pour deux raisons. D’une part, avec les scores de l’extrême-droite lors des élections régionales de décembre 2015, c’est la position des femmes dans notre société qui est attaquée… et les discours contre le planning familial, le travail des femmes, l’accès à la contraception ou à l’interruption volontaire de grossesse se banalisent. D’autre part, avec un ministère de la Famille, de l’Enfance et du Droit des femmes, le gouvernement remanié de Manuel Valls lance un bien mauvais signal en direction des femmes, on peut même parler de faute politique : droit des femmes = famille = enfance ! Comme si une certaine sensibilité naturelle devait pousser les femmes à s’occuper de l’enfance et de la famille, excluant de fait les hommes de la sphère privée !

Depuis de nombreuses années, plusieurs lois et réformes ont été promulguées pour lutter contre les discriminations et le harcèlement, et pour assurer la représentation des femmes en politique ainsi que dans les grandes entreprises. Pourtant la problématique reste entière, et mener ces luttes est une nécessité. On le constate quotidiennement, les femmes subissent 80 % des temps partiels imposés, les petites retraites, la précarité, les inégalités salariales ! Même dans les sphères que l’on pourrait imaginer les plus favorisées, le plafond de verre est une réalité à laquelle nous nous heurtons. Alors même que la science démontre qu’il n’existe pas de supériorité masculine, les carrières des femmes scientifiques sont très souvent bridées par les mêmes phénomènes sociaux que ceux qui sévissent partout dans le monde du travail.

Il s’agit de mener aujourd’hui de front un combat pour défendre plus de soixante-dix ans d’acquis et une lutte fondamentale contre les inégalités, contre les violences et pour nos libertés. Il faut donc travailler à tous les niveaux, par exemple à l’école contre l’orientation genrée pour permettre aux enfants de s’épanouir pleinement, dans le monde du travail pour l’égalité salariale, à la maison pour une répartition égalitaire des tâches domestiques.

Le féminisme n’est pas un combat isolé mais bien une lutte qui s’intègre dans la perspective humaniste d’une société démocratique, émancipée et progressiste. Pour les communistes, en ce début de XXIe siècle les combats féministes sont au coeur de la lutte contre le capitalisme et pour l’émancipation humaine. Les femmes apporteront une contribution essentielle pour l’avenir. Aragon n’a pas fini d’avoir raison : « La femme est l’avenir de l’homme. » 

 

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