Dossier : Climat, entre adaptation et atténuation – comprendre pour mieux agir

Au moment de boucler ce dossier, le rapport du groupe de travail 3 du GIEC associé au 6e rapport d’évaluation de cet organe lié à l’ONU a été publié par approbation des 195 pays membres. Le rapport du groupe 1, publié en août 2021, consacré aux bases physiques du changement climatique, confirme entre autres la certitude que le réchauffement climatique est dû aux activités humaines ; celui du groupe 2 sur les impacts du changement climatique et l’adaptation à ceux-ci (février 2022) constate que nous subissons déjà, dans toutes les régions du monde, l’intensification des impacts de ce changement et alerte sur le fait que ceux-ci s’accroîtront avec chaque accroissement de réchauffement supplémentaire. Le dernier rapport est consacré à l’atténuation du changement climatique, c’est-à-dire aux moyens de lutter à la racine contre la catastrophe planétaire qui nous menace si nous ne décarbonons pas rapidement nos économies.

Par l’équipe de rédaction de Progressistes.

De gauche à droite : le rapport du groupe 1, publié en août 2021, consacré aux bases physiques du changement climatique ; celui du groupe 2 sur les impacts du changement climatique et l’adaptation à ceux-ci (février 2022) ; le rapport du groupe 3 consacré à l’atténuation du changement climatique, c’est-à-dire aux moyens de lutter à la racine contre la catastrophe planétaire. Ces trois rapports sont téléchargeable sur le site du GIEC : https://www.ipcc.ch/

La piste pour respecter les Accords de Paris se rétrécit de plus en plus et devient de plus en plus exigeante, car les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter. Elles augmentent dans presque toutes les régions du monde et dans tous les domaines d’activité. Pour contenir le réchauffement à + 1,5 °C, il faudra réduire les émissions de gaz à effet de serre de plus de 40 % d’ici à 2030, et les rendre quasi nulles en 2050 ; pour rester sous les 2 °C, il s’agira de les réduire de 25 % d’ici à 2030, et atteindre la quasi-nullité en 2070.

Ce défi n’est pas hors de portée et c’est là le message clé du dernier rapport, mais il est de fait particulièrement ambitieux.

L’atténuation du changement climatique passe donc par une réduction immédiate et généralisée des émissions de gaz à effet de serre, le cas échéant avec le développement de la capture et du stockage de carbone, qui accéléreront l’atteinte des objectifs climatiques. Il faut, en tout état de cause, réduire substantiellement le recours aux combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon), quel qu’en soit l’usage. Le risque est que des politiques à l’œuvre en matière d’infrastructures énergétiques, de transports, d’urbanisme et de construction ne bloquent l’évolution socioéconomique des décennies à venir dans un mode de fonctionnement qui rende impossible la nécessaire décarbonation.

L’heure est donc à une action urgente. Or le rapport constate que les investissements sont 3 à 6 fois inférieurs à ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs fixés. Pis : les politiques climatiques actuelles continuent d’amener une hausse des émissions de gaz à effet de serre, qui nous conduisent à prévoir une désastreuse hausse de température de 3,2 °C en moyenne en 2100, voire plus si le système climatique finit par ne plus pouvoir absorber ce que nos émissions lui imposent. Alors que le rapport du groupe 1 a montré qu’à de telles températures certaines régions du monde deviendront invivables, et que le rapport du groupe 2 a montré l’étendue catastrophique des conséquences du changement climatique à de tels niveaux de réchauffement, chaque dixième de degré gagné compte !

L’objet de ce rapport est d’éclairer les problématiques climatiques afin de permettre une action efficace en vue des objectifs pris lors de la COP 21 à Paris.

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