Les sciences et les techniques au féminin : Eva Mameli, par Claude Frasson*

« Le vent, quand il vient de loin, apporte à la ville des présents insolites, dont seules quelques âmes sensibles peuvent s’apercevoir, comme ces enrhumés des foins que font éternuer les pollens de fleurs venues d’autres terres.1Traduction, Martin Rueff »

Ces âmes sensibles évoquées dans les premières lignes de Marcovaldo, Italo Calvino les connaît bien, puisqu’il est le fils de l’une d’elles : la botaniste Eva Mameli. Eva commence sa brillante carrière en devenant successivement lauréate de mathématique à l’université de Cagliari en 1905 puis la première Italienne diplômée en sciences naturelles, à Pavie en 1907. Ces années d’études seront particulièrement fécondes, puisqu’elle y publie sa première contribution scientifique : « Sulla flora micologica della Sardegna. Prima contribuzione », dans les Atti dell’Istituto botanico de l’università di Pavia. Elle devient, en 1915, la première femme habilitée à enseigner la botanique dans une université italienne. Ses domaines de recherche sont vastes et concernent notamment la lichénologie, la mycologie, la physiologie et la génétique appliquée aux plantes, la phytopathologie ainsi que la floriculture.

Elle contribue durant toute sa carrière à l’enrichissement et à la diffusion des connaissances sur ces sujets en dirigeant deux stations de floriculture expérimentales (à Santiago de las Vegas, à Cuba, puis à Sanremo en Italie) et en fondant, avec son mari Mario Calvino, la Società italiana Amici dei fiori ainsi que la revue Il Giardino Fiorito, que le couple dirigera de 1931 à 1947. À sa mort, en 1978, le fonds Mario Calvino et Eva Mameli Calvino (somme documentaire considérable composé d’environ 12 000 publications, allant de la photographie aux articles, en passant par les études préparatoires) est légué à la bibliothèque de Sanremo.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.