La rentrée parlementaire est toujours un grand moment politique. Chaque année, à partir d’octobre, le Parlement s’attelle à la tâche périlleuse de donner à la France un budget pour l’année suivante. Dépenses, recettes, sécurité sociale… des chiffres en milliards d’euros et, à la fin, des vies. Combien de professeurs seront devant nos écoliers ? Quand les travailleurs les plus âgés pourront-ils prendre une retraite plus que méritée ? Quelle répartition entre travail et capital pour financer nos services publics ?
Avec son gouvernement largement minoritaire dans les urnes, Macron est tout de même en passe de réussir à faire passer un budget pour 2026, première surprise ; un budget qui ne remet pas en cause les orientations prises depuis au moins les gouvernements Hollande, seconde surprise. Ou peut-être pas. La politique procapital trouve des majorités à l’Assemblée nationale, avec l’appui de la droite et de l’extrême droite. Côté recettes, les quelques amendements qui semblaient adoucir la politique austéritaire, s’ils ne sont pas simplement supprimés lors de leur passage au Sénat, sont noyés dans des mesures plus injustes les unes que les autres : augmentation de l’imposition sur les apprentis, gel des barèmes d’impositions… Une véritable punition collective pour le monde du travail. En face, les grandes fortunes et le capital ne seront que très marginalement mis à contribution. Côté dépenses, la casse du service public se poursuit, les budgets militaires à la hausse maintenue et rien sur le scandale des 211 Md€ d’aide par an donnés aux entreprises sans contreparties ni sociales ni environnementales. Face à un capitalisme à bout de souffle, dont les taux de marge sont assurés par le budget de l’État, l’intérêt général ne vaut que peu. Le débat sur la taxe Zucman a eu le mérite de poser la question de la contribution du capital à l’effort collectif. La bataille a été rude pour une mesure qui est pourtant un minimum, celui de réduire un peu l’inégalité des citoyens face à l’impôt. La machine médiatique s’est mise en marche pour défendre l’intérêt de leurs propriétaires, ce qui semble avoir marché sur nos « élites » politiques qui ont voté contre, mais peu sur les Français qui restent très majoritairement pour. Cet argent aurait pourtant pu être bien utile… non pour rembourser la dette mais pour payer une autre, celle de notre inaction climatique.
Le changement climatique est, comme souvent, l’oublié de ces débats budgétaires. Or, s’il y a bien une dette que l’on devra payer, c’est bien celle du climat. En cause, notre inaction à faire baisser efficacement et durablement les émissions domestiques et importées de gaz à effet de serre. Le gouvernement se réjouit de la baisse des émissions de la France, en oubliant qu’une bonne part de cette baisse est due à une diminution de l’activité de certains secteurs industriels. La sidérurgie ferme des fonderies alors qu’il faudrait les développer pour répondre aux besoins de production pour la transition écologique et les décarboner par l’électrification. La fermeture des lignes de fret ferroviaire due aux privatisations va ajouter des camions sur la route, une impasse écologique, même si ces camions sont électriques.
Le changement climatique est là, et le coût de ne rien faire pour s’y adapter est à terme bien plus lourd que l’« épouvantail » des 3 500 Md€ de dette publique brandi par M. Bayrou. MaPrimRénov’ et les autres dispositifs ne sont pas à la hauteur des enjeux. Combien de centaines d’années faudra-t-il pour isoler tout le parc immobilier en France ? Les collectivités locales, en première ligne lors des catastrophes naturelles, sont étouffées, réduites à faire beaucoup avec peu par étranglement austéritaire de l’État.
Les besoins sont immenses, et pas seulement d’argent public et de mesures fiscales. Il faut une stratégie nationale déclinée localement, cohérente, planifiée sur plusieurs années qui nous permettra de relever les défis sociaux et environnementaux. Des pays le font déjà avec un certains succès, comme la Chine. Sanctuariser ces budgets, donner de la visibilité et une direction à l’industrie, à la recherche et au secteur éducatif serait déjà un bon point de départ ; une société soutenable, résiliente et où tous pourrions vivre dignement de notre travail serait un beau point d’arrivée. Ce serait en tout cas un bien plus beau projet que celui consistant à imposer un budget conçu pour satisfaire les agences de notation sans savoir ce que l’on fera en 2050 dans une France à + 4 °C.
version accessible:


https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_papillon ?
Fonte des glaces (10 % de l’eau douce se trouve au Groenland) et hausse du niveau des mers.
DONC modification de la répartition des masses d’eau ET DONC modification du moment d’Inertie de la Terre DONC modification de l’axe de rotation de la planète.
Dans quelle mesure (mini,maxi,etc) en fonction de la fonte des glaciers ?
Cordialement