A la mémoire d’un homme,

La disparition brutale de Jean-Pierre Kahane a suscité de nombreuses réactions de la part de personnalités du monde politique et scientifique, et a connu un large écho dans la presse française, de l’Humanité au Figaro, en passant par Le Monde. Apparaissent ainsi sa stature d’humaniste et l’empreinte qu’il laisse derrière lui. Lors de ses funérailles au cimetière du Père-Lachaise le vendredi 30 juin 2017, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, Ivan Lavallée, directeur de Progressistes, Catherine Bréchignac, physicienne, Secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences ainsi que Cédric Villani, mathématicien, entre autres, lui ont rendu hommage. Françoise Varouchas, membre du comité de rédaction de Progressistes nous fait le récit de sa dernière conversation téléphonique avec Jean-Pierre.


PIERRE LAURENT

C’est avec une immense émotion que je veux rendre hommage à Jean-Pierre Kahane, à un homme humble tout autant qu’immense, un de ces grands hommes que le Parti communiste s’honore d’avoir eu dans ses rangs. Un homme des Lumières, qui fait honneur à la France, au savoir, à la science, qui fait honneur à la politique à laquelle il souhaitait apporter de la raison. Et la politique, ces temps-ci, a tellement besoin de raison ! Mathématicien et communiste, communiste et académicien, c’est en militant que Jean-Pierre Kahane cherchait et enseignait, c’est en chercheur et en enseignant qu’il militait. « Enseigner, partager, cela faisait partie de mes devoirs. Les mathématiques doivent constituer un entraînement de l’esprit. Il est très important de les enseigner de façon accessible, ludique, intéressante. » Pour Jean-Pierre Kahane « la vulgarisation, le partage des connaissances, fait partie de la mission scientifique ». L’enseignement des mathématiques n’était pas pour lui un exercice de rigueur, mais, reprenant l’expression de Condorcet, un exercice pour « développer l’imagination sans l’égarer ». « Il faut voir des mathématiques en rêve pour bien les apprendre », insistait-il. Son attachement au communisme, au Parti communiste, était égal à son attachement à la lutte contre l’obscurantisme, qui consiste, selon lui, « à trouver des réponses courtes et simplistes à des questions difficiles ». Loin de tout simplisme, Jean-Pierre savait allier simplicité et profondeur de l’analyse. Pour mieux « revenir à l’essentiel », comme il aimait à le dire, comme il l’a écrit dans son article récent « Éloge de la simplicité », qu’il a publié dans la revue Progressistes. Il a contribué de façon importante à la prise en compte par son parti de tous les enjeux liés aux progrès des sciences, de la recherche, du développement du savoir, dans les années 1980 avec René Le Guen, au sein de la direction nationale du PCF et, récemment, en collaborant à la naissance de la revue Progressistes. Il était sensible au fait que plus les connaissances sont grandes, plus les sciences progressent, plus le partage et la démocratie sur l’utilisation qui est faite de ces savoirs et progrès sont nécessaires. « Le progrès des sciences est déjà impressionnant, sachons le transformer en un progrès d’avenir pour toute l’humanité »…Quelle phrase pourrait mieux le définir que celle ci ? Jean-Pierre avait le « commun » à coeur. Scientifique émérite, il était en même temps un politique au plus beau sens du terme. C’est cela sans doute qui faisait de lui un homme au savoir immense, qui ne pouvait être comparé qu’à sa modestie, à sa simplicité, à son humour aussi. Le Parti communiste perd un homme qui aura marqué son histoire, la France perd l’un de ses plus grands scientifiques et humanistes des XXe et XXIe siècles, je perds un camarade et un ami : mais son oeuvre, son apport, sa méthode et ses valeurs resteront comme autant de balises sur le chemin si complexe qui mène au progrès de l’humanité entière. Le Parti communiste saura rendre hommage à son oeuvre scientifique et politique dans une grande soirée à l’automne.

IVAN LAVALLÉE

Je viens vous parler au nom de toute l’équipe en deuil de la revue Progressistes du Parti communiste, cette revue à laquelle il tenait tant et dont il était le directeur. Cette revue venait reprendre le fil rompu d’Avancées scientifiques et techniques, qui avait cessé de paraître depuis plus d’une dizaine d’années et à laquelle Jean-Pierre participait aux côtés de René Le Guen. Mais permettez-moi quand même une touche personnelle. Mon amitié avec Jean-Pierre s’est scellée en 2002, avec la présence de Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. J’étais alors effaré du manque de réflexion de mon organisation sur l’impact de ce qu’on appelait encore les NTIC sur la société. J’ai écrit alors en deux mois un ouvrage, Cyber Révolution, qui tentait de poser ces questions en termes marxistes, et comme il me fallait quand même un regard extérieur dont les qualités scientifiques soient incontestables… J’ai donc envoyé mon tapuscrit à Jean-Pierre, qui en a vu de suite l’intérêt et a tenu à en faire la préface. Je n’en demandais pas tant. Pourquoi je vous raconte ça ? Ça a été le ciment de notre amitié ; notre complicité est née un peu plus tard, avec l’aventure de Progressistes. Notre camarade Amar Bellal a eu l’idée de réactiver ce front de lutte par trop délaissé en lançant la revue Progressistes. Il a contacté Jean-Pierre, qui lui a bien expliqué qu’il ne ferait pas grand-chose mais qui nous a donné sa bénédiction. Bien entendu, nous savions à quoi nous en tenir : il a été présent à toutes les réunions de rédaction, posant les bonnes questions, faisant les bonnes suggestions, nous ouvrant son carnet d’adresses, écrivant chaque fois qu’il le pouvait, et bien sûr avec cette pertinence et bienveillance que quiconque l’a côtoyé lui connaissait. Jean-Pierre s’inquiétait beaucoup de la pérennité de la revue, et de son rayonnement, d’autant plus aujourd’hui avec l’accélération du développement des forces productives. Il était profondément convaincu, et c’était le point fort de notre complicité, de la thèse de Marx qui veut que, in fine, l’histoire de l’humanité, c’est l’histoire de ses forces productives et que ce qui distingue une société d’une autre, c’est la façon dont les marchandises y sont produites et échangées. Las des discours moralisateurs en bien ou en mal qui cèdent en fait à l’idéologie dominante. La libération humaine, le communisme pour lequel il luttait, nécessitait pour lui la maîtrise des forces de la nature au service de tous. C’était pour lui le rôle de Progressistes de contribuer à cette prise de conscience, d’abord auprès de ses camarades, mais aussi beaucoup plus largement, étant entendu qu’au-delà des étiquettes accolées aux uns, aux unes et aux autres on pouvait faire un bout de chemin avec ces unes, ces uns et ces autres et leur donner accès aux colonnes de la revue. L’aventure de Progressistes continue, nous tiendrons ce front de lutte. Adieu, camarade de lutte et d’espoir.

CATHERINE BRÉCHIGNAC

Jean-Pierre, Vous avez été élu à l’Académie des sciences correspondant en 1982, puis membre en 1998. En vous cooptant, l’Académie n’a pas uniquement reçu un mathématicien de renommée mondiale, elle a aussi choisi un homme ouvert aux autres disciplines, perpétuellement curieux, un véritable humaniste. Dans les nombreux comités, réunions, séances, votre présence était forte, vos interventions imperturbablement rigoureuses y étaient attendues pour faire avancer les débats. Vous étiez une figure de notre compagnie. Le siècle que vous avez traversé vous a rendu conscient des possibilités et des dérives de la science. Ancré sur les valeurs d’éthique et de progrès, vous étiez un membre actif du comité « science éthique et société » ainsi que de celui « des pays en développement ». Votre filiation au siècle des Lumières a fait de vous le président idéal pour notre comité d’Alembert, suivant avec soin la progression de l’édition de ses oeuvres complètes et la mise en place de l’édition numérique de l’Encyclopédie, dont la récente présentation vous avait enthousiasmé. Fortement impliqué dans l’action de notre académie concernant la transmission du savoir, vous saviez captiver des salles entières de lycéens ou d’étudiants en leur racontant Lavoisier ou en les faisant découvrir la beauté des mathématiques. Votre goût pour l’histoire des sciences vous a incité à en faire un outil pour capter la curiosité du public. Votre gourmandise intellectuelle avait une capacité d’entraînement. Je vous entends encore me dire, il y a un peu plus de deux ans : « Ne pensez-vous pas que nous pourrions avoir une séance sur les gnomons ? » Les séances du mardi étaient programmées pour l’année. Je vous ai alors proposé de parler des gnomons en fin d’après-midi, entre 5 et 7 heures. Votre visage s’est illuminé d’un sourire. Et c’est ainsi, grâce à vous et, je crois, grâce aussi à l’une de vos petites-filles qui vous avait soufflé l’idée, que nous avons depuis ces cycles sur l’histoire des sciences, ouverts à tous : les « 5 à 7 de l’Académie des sciences ». Mardi dernier, nous avons eu une séance entre nous, dite « comité secret ». Nous avons tous ressenti le poids de votre absence.

CÉDRIC VILLANI

Jean-Pierre, C’est avec tristesse et fierté que je prends la parole pour honorer ta mémoire, au nom de l’Institut Henri-Poincaré, au nom de toute la section mathématique de l’Académie des sciences et en mon nom propre. Notre première rencontre, c’était il y a vingt-cinq ans, à Nice, dans un colloque en l’honneur de Jean Dieudonné, où tu donnais sur le mouvement brownien un lumineux exposé, représentatif de deux de tes grandes amours : l’analyse harmonique et l’histoire des sciences. Figure emblématique, durant plusieurs décennies, de l’analyse harmonique française, tu fis preuve, dans la lignée des Wiener ou Zygmund, d’une extraordinaire inventivité en la matière. Avec Katznelson en particulier, tu découvris des résultats brillants et profonds : par exemple, les coefficients de Fourier d’une fonction continue ne sont pas mieux, en général, que carré-intégrables. Un autre exemple de beau résultat est la démonstration que les trajectoires du mouvement brownien sont pleines de points lents, des points où le mouvement « reprend son souffle », comme l’a dit ton élève Yves Meyer. Au passage, cet élève fut source pour toi d’une fierté sans bornes quand il reçut, il y a quelques mois, le prix Abel, récompense suprême pour un mathématicien. Et des découvertes marquantes, il y en eut tant d’autres ! Les inégalités de Khintchine-Kahane, le théorème de Gleason-Kahane-Zelazko, le théorème de Helson-Kahane-Katznelson-Rudin… De beaux résultats, de belles fleurs mathématiques : dans un superbe article sur le plaisir des mathématiques, tu te décrivais toi-même comme un jardinier. Et bien peu connaissaient le grand jardin mathématique aussi bien que toi. « Ma réflexion sur les mathématiques, disais-tu, n’est pas venue de la pratique de la recherche, mais de celle de l’enseignement ; j’ai été heureux quand j’ai pu la nourrir de lectures de textes anciens et d’entretiens avec des collègues chercheurs. » Oui ! En témoignent les éloges sur ton généreux style d’enseignement, tes interventions à l’Académie des sciences, ou encore ton magistral texte de synthèse, inégalé, sur la genèse de l’analyse de Fourier. Pour toi, ce partage devait aller au-delà du cercle des scientifiques. Tu prônais l’implication des mathématiciens dans la vie publique, et tu m’avais dit ton enthousiasme à me voir invité à la Fête de l’Humanité en septembre dernier. Au cours de l’entretien mené par la journaliste Anna Musso, je pouvais voir ta grande silhouette, se tenant assise, un peu à part de la foule enthousiaste, observant ma prestation avec un sourire bienveillant et paternel. Ton engagement communiste, né de la volonté de « changer le monde », comme tu le disais, ne t’a jamais abandonné. D’ailleurs, mon tout dernier souvenir de toi est politique. Durant la campagne législative, tu étais venu tout exprès de Grenoble pour assister au débat auquel je participais à l’université Paris-Sud. Ton commentaire, généreux mais radical, sur une question de fiscalité montra que ton désir de changement était demeuré intact, tout comme ta vivacité d’esprit. C’est un honneur pour moi que d’avoir reçu ton amitié, et ta perte est un chagrin personnel, autant qu’un chagrin pour toute la communauté mathématique française, qui nourrissait pour toi au plus haut point admiration, respect et affection.

FRANÇOISE VAROUCHAS

Paris, jeudi 23 juin 2017 Samedi 17 juin, quelques minutes après 20 heures, Jean-Pierre Kahane m’a appelée. Je lui avais téléphoné jeudi matin, le 15 juin, pour lui parler de notre revue. J’avais dû me contenter de lui laisser quelques mots sur son répondeur : mon message commençait par lui demander de ses nouvelles, et samedi soir mon téléphone a sonné. « Bonjour Françoise. Ici Jean-Pierre Kahane. Je vais bien, comme vous m’entendez. Je vous appelle depuis le service des soins intensifs de l’hôpital Cochin. C’est bien moi qui vous appelle, je viens de récupérer mon téléphone et d’entendre votre message. Je suis très bien recousu; on surveille encore un peu mon coeur à cause de la pile. Je suis tombé vendredi matin chez mon kiné. » Je n’ai pas bien compris ce qu’il avait heurté (j’apprendrai plus tard qu’il s’agissait d’un radiateur), mais je ne l’ai pas interrompu. « Donc j’ai tout de suite été très bien secouru, transporté, recousu, et maintenant je vais très bien, comme vous pouvez entendre. » J’écoutais sa voix, ce qu’il me disait. J’en étais abasourdie, je ne saisissais pas bien: chute, hôpital, soins intensifs…, j’ignorais tout de cet accident. Sa voix donc, posée, calme, était tellement naturelle, avec son timbre, celui que l’on connaît bien. Comme il m’a parlé de blessure à la tête, je pensais beaucoup que son élocution aurait pu être affectée, du moins à cause de problèmes de dents. Mais je peux affirmer que sa voix n’était pas du tout déformée, j’ai perçu à peine un léger soupçon de lenteur. Après m’avoir donné de ses nouvelles, il a enchaîné tout de suite : « Que vouliez vous me demander ? » Je lui ai alors parlé d’un article sur Joseph Fourier pour Progressistes, notre revue, en lui rappelant que je l’avais écouté le 17 mai à l’Institut Henri-Poincaré, où il nous avait parlé de l’ensemble des travaux du mathématicien mort en 1830 et de la portée de sa carrière en tous domaines. Dans ce cadre, le séminaire d’épistémologie de M. Serfati, il nous avait fait l’analyse détaillée d’un calcul de Fourier figurant sur un manuscrit récemment retrouvé, et nous avait informés d’un travail en cours de regroupement de l’oeuvre de Fourier, restée trop éparpillée. Comme j’avais cru que ce travail devait aboutir en 2018, pour le 250e anniversaire de la naissance de Fourier, il m’a détrompée: « C’est un travail immense, qui prendra encore beaucoup de temps », m’a-t-il dit. Écrire sur Fourier pour la revue Progressistes, c’était évident qu’il le voulait bien : « Vous me préciserez le format et le nombre de caractères », et d’ajouter : « On pourrait aussi demander à Jean Dhombres. Mais il connaît tellement de choses… ce serait peut-être un peu long pour un article de la revue. » Ensuite il a ajouté : « Jeudi soir je suis rentré trop tard chez moi pour participer à la réunion téléphonique (que nous avions pour la revue), j’étais, vous savez, à l’École normale pour le colloque en l’honneur d’Hourya Sinaceur. » Il m’a aussi demandé si j’avais assisté à l’AG de l’Union rationaliste dans la journée, car il n’avait pas pu les prévenir de son absence. Puis il est revenu à Progressistes, me disant : « Il faudrait aussi écrire un article sur Yves Meyer, qui vient d’avoir le prix Abel à Oslo, on lui a rendu hommage à l’Académie. Il faudrait trouver quel cadre pour parler de son oeuvre. Ce n’est pas seulement le fait d’une décoration, c’est l’ensemble. » À son sujet, il a évoqué une conférence de mathématiques qu’il avait faite à Tunis en 1954. Yves Meyer, jeune lycéen de quinze ans à l’époque, se trouvait dans l’auditoire, et soixante trois ans plus tard il se souvenait du sujet que lui-même, conférencier, avait oublié. Il m’a énuméré aussi les premiers prix d’Yves Meyer au concours général de mathématiques, mais aussi de grec, puis sa première place concours d’entrée à l’École normale supérieure. C’était son habitude : parler toujours chaleureusement des collègues les plus proches, ceux avec qui il travaillait beaucoup. Et la conversation est venue tout naturellement sur la situation en cette veille de second tour des élections législatives : puisque Cédric Villani, l’actuel directeur de l’Institut Henri-Poincaré, était assuré de devenir député d’Orsay, il m’a dit: « J’aurai bien l’occasion de l’interroger un jour ou l’autre, avec un peu de malice, sur ce qu’il pense de la politique de Macron. » Et comme remarque générale sur la situation, il m’a expliqué : « Elle n’est pas aussi catastrophique qu’on pourrait le penser, je ne le verrai pas, mais vous verrez, quelques jeunes sont un peu égarés par Mélenchon, mais ils vont forcément réfléchir, revenir, et surtout on n’est plus du tout comme au début des années 2000 où Marx était mort, définitivement, n’existait plus. On n’est plus du tout dans le même cadre. Vous allez voir, il y a de l’espoir. Au revoir, Françoise. » Là, sur le coup, j’ai entendu un certain appui dans cet au revoir qui m’a saisie, épouvantée un peu, d’autant que les portables se sont tus tout de suite. J’ai à peine prononcé un au revoir moi-même. Et voilà… j’ai donc pensé à lui en tâchant de ne pas céder à l’angoisse, en me disant qu’il fallait laisser passer un temps « raisonnable » avant de reprendre des nouvelles. Il m’avait si bien donné le change, en insistant sur cette si bonne « réparation » de sa tête, mais il y avait aussi les mots « Je ne le verrai pas, mais vous…» qui résonnent encore dans ma tête. Dire que, il y a juste un an, c’était le colloque en son honneur, pour ses quatre-vingt-dix ans, à Orsay et à l’Institut Henri-Poincaré: je suppose que les communications vont se retrouver sur le site ouvert par la SMF. J’ai essayé de ne rien oublier, de respecter les propos de cette conversation qui maintenant me paraît irréelle et qui me laisse le sentiment d’avoir fait une intrusion dans un moment de très grand calme, de répit au milieu de la souffrance physique. Il est vrai que cet îlot de conversation si paisible pour parler de tout ce qui le concernait complètement, profondément, lui ressemble beaucoup. Je dois dire maintenant qu’il m’a transmis un souvenir lumineux de plus, un peu comme à chaque conversation avec lui, et j’éprouve l’impérieuse nécessité de transmettre à mon tour ce qu’il m’a dit – même si je crains de déformer ou encore d’oublier de petits détails –, car il n’y a aucune raison de garder pour moi seule ce qui aura été notre dernier échange. Quoi qu’il en soit, ce qui nous manquera le plus est la sérénité et l’intensité, que l’on trouve dans chacun de ses écrits, les mêmes qu’il a continué à communiquer au cours de cette conversation qui dura près de trois quarts d’heure.

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