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GM&S : une loi pour que la sous-traitance sorte de l’ombre

Comité de rédaction de Progressistes

Pendant des semaines, ils ont planté des banderoles, bloqué des routes, interpellé ministres et actionnaires. Non pas pour sauver des primes ou négocier des miettes, mais pour rappeler une évidence : l’industrie française est faite de sous-traitance. C’était en 2017, sur le site de GM&S à La Souterraine, en Creuse. Une usine de plus frappée par le retrait brutal de Renault et PSA, jetée en pâture à la liquidation, puis reprise partiellement au prix d’un PSE, un plan de « sauvegarde » de l’emploi, saignant.

De cette bataille est née l’idée de faire une loi. Encadrer les pratiques des donneurs d’ordres, responsabiliser ceux qui décident loin des chaînes, loin des ouvriers, loin des territoires. La proposition de loi GM&S a été rédigée avec les travailleurs eux-mêmes, les syndicats, les élus de terrain.

PARER À L’IMPUNITÉ STRUCTURELLE

Le monde industriel français est une pyramide inversée. Une poignée de grands groupes – constructeurs, équipementiers de rang 1 – décide du sort de milliers d’entreprises sous-traitantes. Les volumes montent ou descendent d’un trimestre à l’autre, les délais de paiement s’allongent, les exigences de prix s’aggravent. Dans ce système, le sous-traitant n’a ni sécurité ni pouvoir de négociation. Il se contente d’absorber les chocs… jusqu’au crash.

GM&S en est la démonstration. Une usine quasi totalement dépendante de deux donneurs d’ordres, à qui il aura suffi de modifier leur politique d’achat pour déclencher un effondrement. Pas de faute de gestion. Pas d’erreur stratégique. Juste un retrait de commandes. Et aucun cadre légal ne les obligeait à en assumer les conséquences. Voilà ce que cette loi veut changer.

LA PROPOSITION DE LOI

Le texte propose plusieurs mesures fortes avec l’objectif de renverser le rapport de forces au sein de la filière.

Ce n’est donc pas une loi d’accompagnement ni de réparation. C’est une loi de responsabilité, de structuration, de reconquête. Mais pour l’instant, elle en est au stade de proposition de loi au Sénat et à l’Assemblée nationale. Elle reste une proposition forte des syndicats et des partis de gauche.

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