* Claude FRASSON est membre du Comité de Rédaction de Progressistes.
Frances Northcutt dite « Poppy » (née en 1943)
Ce 27 décembre 1968, dans la salle de contrôle de la NA SA, un soupir de soulagement se fait entendre. La capsule de la mission Apollo 8 vient d’amerrir, les astronautes sont sains et saufs. Ce succès, on le doit en grande partie à Frances Northcutt et son équipe, qui furent chargés d u calcul de la trajectoire retour du vaisseau.
Tâche d’autant plus délicate dans le contexte de la rivalité Est/Ouest. Le programme Apollon 8 avait ainsi été avancé de mars à décembre afin de contrer les Soviétiques qui venaient de réussir un contournement de la Lune.
Quelques années plus tôt (1965), Frances, jeune diplômée de mathématiques (université du Texas, à Austin) spécialisée en mécanique céleste, était entrée à la NASA en tant que « calculatrice humaine », les ordinateurs n’étant alors pas encore suffisamment fiables pour mesurer des trajectoires aussi précises.
Après le succès d’Apollo 8 et jusqu’à la mission Apollo 13, elle continuera à accompagner les astronautes pour leur retour sur Terre. Mascotte blonde de la NASA, celle qu’on surnomme alors « Poppy » va faire l ’objet d’une importante médiatisation. Déjà lucide sur la situation des femmes dans la société américaine, le face-à -face avec des journalistes plus enclins à interviewer la femme plutôt que l’ingénieur ne fera qu’accentuer une réflexion féministe déjà en germe chez elle.
À partir des années 1970, ses convictions se concrétiseront à travers son implication dans le Women’s Liberation Movement puis par sa fonction d’avocate spécialisée dans le droit des femmes qu’elle exerce notamment pour le National Organization for Women. Elle poursuit aujourd’hui encore ce combat.

