D’ANCIENS RESPONSABLES EUROPÉENS SE RECYCLENT
L’ancienne ministre danoise Connie Hedegaard, qui fut commissaire européenne pour le climat de 2010 à 2014, a été engagée en septembre par Volkswagen. Sa mission ? Un poste de conseil en développement durable. Le géant allemand, épinglé dans le scandale de triche aux tests pollution engage-t-il par cette démarche un virage à 180° ou s’agit-il d’un traditionnel greenwashing pour retrouver sa respectabilité ? L’opération ressemble en tout cas fortement à un lifting et à un « pantouflage » en règle pour l’ancienne commissaire européenne pour le climat. L’affaire fait écho à celle de José Manuel Barroso, l’ancien président de la Commission européenne, qui émarge désormais chez la sulfureuse banque Goldman Sachs. Celle-là même qui a contribué à la fois au chaos économique et aux largesses de l’Union européenne sous le mandat du même José Manuel Barroso.
SAVANT USAGE DE LA CENSURE PAR LE GÉANT FACEBOOK
Une vidéaste perturbe YouTube et l’Union européenne
« C’est déjà une question très difficile pour M. Juncker, tu parles du lobby des sociétés. À un moment, tu ne vas pas non plus te mettre à dos la Commission européenne, et YouTube, et tous les gens qui croient en toi. Enfin, sauf si tu ne comptes pas faire long feu sur YouTube. » C’est ce qu’un responsable de YouTube a répondu à la jeune youtubeuse Laetitia Nadji lors de la préparation d’une interview du président de la Commission européenne en septembre 2016, chapeautée par le géant mondial de la vidéo en ligne. Lèse-majesté dans un monde médiatique verrouillé : Jean-Claude Juncker a dû répondre notamment à une question sur la reconversion intéressée chez Goldman Sachs de son prédécesseur José Manuel Barroso. À la suite à cet entretien, jugé « très bien » par YouTube malgré le fait que, pugnace, Laetitia Nadji ait modifié et maintenu ses questions d’investigation, la vidéaste s’est vu proposer le fameux contrat annuel d’« ambassadrice YouTube ». Le Graal des youtubeurs en quête de financement. Aux yeux de la courageuse vidéaste, derrière cette carotte se cachait à la fois une mise sous cloche amicale de la part de YouTube de son journalisme débridé et une tentative de contrôle sur le buzz qu’elle a incontestablement suscité à son grand bénéfice. Elle a donc refusé le contrat. Cet été, la Commission européenne a ouvert deux nouvelles enquêtes contre Alphabet/Google, la maison mère de YouTube, pour abus de position dominante. Pour voir la vidéo : https://youtu.be/7y-xS_EB3QI
Signaux d’alarme critiques sur l’état de la recherche publique française
En juin, l’Agence nationale pour la recherche (ANR) connaissait la démission de la totalité des membres de son comité chargé d’évaluer et de classer les projets déposés par les chercheurs en mathématiques et informatique. Ces démissions visaient à dénoncer une gestion administrative et concurrentielle au détriment d’une vision scientifique des projets retenus. Plus globalement, le rapport 2015 « L’état de l’emploi scientifique en France », du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pointe des « ralentissement des recrutements, tarissement du vivier de doctorants, précarité en hausse », et quelques « signaux positifs » : baisse du taux des thèses non financées (28 % en 2014, contre 33 % en 2011), meilleure insertion professionnelle des docteurs (hors sciences de la vie), attractivité du pays auprès des chercheurs étrangers… Mais, pour Alain Prochiantz, « le manque d’investissement en recherche et développement (R&D) explique en partie les 750 00 emplois industriels perdus en dix ans ». Le chercheur en neurobiologie, administrateur et professeur au Collège de France, souligne que « les carrières de la recherche ne sont plus attractives et [que] nous risquons de perdre une génération. À 23 ou 24 ans, quelqu’un qui sort d’une grande école ou d’une université a souvent le choix entre une bonne perspective de carrière, sans passer par la case recherche, et le risque de la recherche, c’est-à-dire préparer un doctorat ». Pendant ce temps-là, Thierry Mandon continue de soutenir la niche fiscale du crédit d’impôt recherche (CIR) dont la moitié des 6 milliards pourrait être récupérée par l’État sans rien changer à l’effort de recherche privé… 3 milliards, c’est l’équivalent du budget du CNRS.
Greenpeace sous pression sur le dossier du riz doré
Il y a trois ans, nous nous faisions écho des accusations du professeur Patrick Moore, cofondateur historique de Greenpeace – qu’il a quittée en 1986 –, envers son ancienne ONG. Selon lui, l’organisation serait responsable de millions de décès du fait de son opposition ferme depuis maintenant dix-sept ans au riz doré (car il résulte de modifications génétiques), riche en bêta-carotène, un précurseur de la vitamine A. L’Organisation mondiale de la santé souligne que des millions de personnes (avec une proportion de 40 % d’enfants de moins de 5 ans) souffrent de carence de cette vitamine, ce qui entraîne des problèmes ophtalmologiques, voire la mort.
Des geysers de vapeurs sur Europe ?
DES BIAIS DANS L’APPROCHE DES RISQUES ROUTIERS ET DE LA POLITIQUE DE PRÉVENTION
Après avoir augmenté de 3,5 % en 2014, la mortalité sur les routes a augmenté de 2,3 % en 2015, soit 3 461 tués. Les chiffres provisoires de 2016 suivent cette tendance macabre. Les nombreux spots télévisés insistent sur des erreurs individuelles. S’il ne faut pas nier ces facteurs, il convient de considérer l’accident de la route comme un fait social qui connaît des inégalités. C’est ce qu’avance, dans un article scientifique publié dans le Monde diplomatique d’août 2016, le chercheur post-doctorant Matthieu Grossetête, rattaché au Centre universitaire de recherches sur l’action publique et le politique à l’université de Picardie – Jules-Verne. En revenant sur les chiffres de 2007, si 38 % du nombre total des morts par accident avaient moins de 30 ans, la proportion atteignait presque 50 % chez les ouvriers. Car le groupe des ouvriers est de loin le plus jeune. L’inégalité peut se vérifier aussi dans les caractéristiques des véhicules des uns et des autres : les cadres et professions intellectuelles supérieures possèdent des voitures plus sûres, plus récentes et mieux équipées que celles des ouvriers. Le chercheur pointe aussi les disparités sociales en matière d’accidents qui trouvent leur explication dans les conditions de vie des classes populaires. La gentrification des centres-villes, qui éloigne les classes populaires du lieu de travail, a pour conséquence un trajet plus long, en partie en campagne ou en périphérie, autant de facteurs accidentogènes.
GAIA RÉVOLUTIONNE LA CARTOGRAPHIE ASTRALE
L’astronomie progresse. Notamment l’astrométrie, la branche qui a pour objet d’étude la mesure de la position des astres. Pour cela, le satellite européen Gaia de la mission de l’Agence spatiale européenne (ESA) suit le déplacement de la Terre en balayant le ciel afin d’étudier la lumière des astres les plus brillants. Le satellite de 2 t transporte deux télescopes et est bardé de pas moins de 106 appareils photo. Gaia a permis ainsi de franchir des années-lumière en termes de données. Pour l’histoire, l’astronome grec Hipparque (IIe siècle avant notre ère) avait inventorié un millier d’astres. Gaia a dévoilé le 14 septembre une carte de la Voie lactée historiquement des plus précises, avec 1,15 milliard d’étoiles et l’indication de leurs positions sur la voûte céleste. Les premières données de la mi-septembre recensent même 250000 quasars, des objets les plus éloignés de l’Univers. Le traitement des données nécessite une équipe scientifique de 450 personnes. Sachez tout de même que cette révolution dans le recensement est à relativiser quantitativement. En effet, le nombre indiqué représente moins de 1 % des étoiles de notre galaxie, qui contiendrait, selon une fourchette établie par les astrophysiciens, de 100 à 200 milliards d’étoiles.
La biodiversité : un enjeu d’humanité
Biodiversité», terme formé du grec bio, «vie», et de «diversité », désigne la multiplicité, naturelle ou non, des organismes vivants de la Terre. Dans la continuité des débats engagés en 2015 sur le climat, la commission Écologie du PCF a organisé tout au long du mois d’octobre 2016 une série de rencontres, débats et auditions, ainsi qu’une exposition au rez-de-chaussée du Conseil national, autour de la problématique de la biodiversité. Trois débats d’importances ont ponctué le mois : « Sauvons les abeilles », « Science et biodiversité » et « Avancés et limite de la loi Préservation de la biodiversité, de la nature et des paysages ». Y ont participé parlementaires, scientifiques, syndicalistes pour dénoncer, sensibiliser et agir… parce que connaître et comprendre la biodiversité sont les premières étapes pour en faire un commun essentiel de l’humanité. L’ensemble de ces contributions est de nature à enrichir la réflexion communiste.
Jean-Pierre Sauvage : la preuve par le contre-exemple
ROSETTA A PRIS SA RETRAITE APRÈS DE SURPRENANTES DÉCOUVERTES

