*Pierre Laurent est secrétaire national du PCF.
Malgré quelques doutes qui se sont exprimés, l’accord de Paris sur le climat a finalement été adopté par les 195 délégations réunies au Bourget. Toutefois sa dimension universelle marque une étape importante cinq ans après l’échec de Copenhague auquel je participai également. Sur les principes, tout est inscrit : limitation à 2 °C, voire 1,5 °C, si possible, la hausse de la température planétaire comme l’exigeaient les pays les plus vulnérables; 100 milliards de dollars, par an, d’ici à 2020, dédiés aux mesures d’adaptation des pays en développement ; clause de revoyure afin de rehausser régulièrement le niveau d’engagements tant de réduction des émissions de gaz à effet de serre que financiers…
Pourtant tout reste à réaliser. On le sait les engagements actuels des pays sont plus proches des 3°C, ce qui rendrait notre monde invivable; la concrétisation des 100 milliards de dollars reste à être confirmée, la structuration du Fonds vert reste floue (dons, prêts subventions…) comme les modalités de sa répartition entre pays. Enfin, si la nature de cet accord favorise l’engagement politique de chaque nation, il est très loin d’être juridiquement contraignant comme le revendiquaient les peuples en décrétant l’état d’urgence climatique. Bien des étapes restent donc à franchir. La première d’entre elles sera la ratification de l’accord par chaque pays après l’avoir traduit dans leur droit national.

