La BCE pour le climat, pas pour la spéculation financière !, par Fanny Chartier*

Fanny Chartier*Fanny Chartier est coordinatrice de rédaction de Progressistes


L’approvisionnement énergétique de l’Europe est un sujet d’une importance stratégique incontestable.
Si l’Europe produit sur son territoire une partie de l’énergie qu’elle consomme grâce à ses ressources renouvelables (biomasse, hydraulique, solaire et éolien) et au nucléaire (dont le coût du minerai pèse peu dans la chaîne de production), pour ce qui est des énergies fossiles, elle est très dépendante du monde extérieur. En effet, elle importe 90 % de son pétrole, 70% de son gaz et près de 50% de son charbon.
Plus de 1 milliard d’euros sont ainsi dépensés chaque jour pour cette seule facture énergétique, soit 365 milliards d’euros par an. Autant d’argent qui pourrait être destiné à des mesures comme la rénovation des logements, le développement du transport ferroviaire ou la production d’énergies qui se substituent aux énergies fossiles – chaleur renouvelable ou électrique, nucléaire pour les pays qui ont choisi cette voie.
L’Europe devrait prioritairement s’attaquer à la réduction de cette consommation en énergie et, pour être à la hauteur de ce défi, financer de grands plans d’investissement dans la durée.
Quant aux émissions de CO2, qui sont fortement liées à la consommation d’énergie fossile – bien que les objectifs de l’UE soient très ambitieux – une réduction de 80 à 95 % d’ici à 2050 (avec pour année de référence 1990), c’est aussi un échec : ces dernières années, elles ont eu tendance à augmenter.
Quoi qu’on en dise, la transition énergétique reste avant tout une question économique. Ne pas poser avec force l’enjeu des moyens financiers ni la question d’une vision à long terme, même incompatible avec les logiques de marché soucieux des profits à court terme, mène nécessairement à une impasse.
Aujourd’hui, à l’approche des élections européennes, seul le candidat de la liste communiste, Ian Brossat, relève avec force cette contradiction, et propose de mobiliser la BCE (Banque centrale européenne) pour financer la transition écologique par la création monétaire et en débloquant des lignes de crédit pour cette grande cause.
Ce que la BCE se montre capable de faire pour la spéculation financière, elle devrait pouvoir le faire pour le climat… non ?

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