Pour nourrir la recherche et le progrès scientifique, le salaire étudiant s’impose! Nicolas Malaquin*

Contractualisation, précarité, appel à projets… Le quotidien des étudiants et des chercheurs est particulièrement sombre et incertain. Face à ce chaos, une sécurité d’emploi et de formation est à construire. 

*Nicolas Malaquin est trésorier de l’UEC (Union des Étudiants Communistes).

La situation des étudiants en filières scientifiques n’a rien à envier à celle des filières dites « humaines et sociales ». Les mêmes réalités structurantes marquent la vie et les études des biologistes, des chimistes et des ingénieurs de demain, et ce au-delà des conditions d’enseignement à proprement parler : un étudiant sur deux est contraint de se salarier pour financer ses études, un étudiant sur deux abandonne avant l’obtention du diplôme qu’il a choisi de préparer. Le parallèle peut paraître simple, mais il recouvre des quotidiens difficiles : Comment réviser ses cours quand chaque soir on est à la caisse d’un fast-food ? Comment préparer ses TD quand on doit impérativement se focaliser sur les centaines d’euros pour payer son loyer ? Comment réussir ses examens quand la veille on a du faire du baby-sitting ?

Ainsi, un potentiel chercheur sur deux mettra avant l’heure un terme à ses études… Au lieu de travailler sur des traitements nouveaux pour des pathologies rares, d’optimiser la construction aéronautique ou d’améliorer les techniques de productions agricoles, il préparera des hamburgers pendant des années afin de suffisamment alimenter son curriculum vitae dans l’espoir d’un jour décrocher un CDI dans un domaine d’activité qui a peu à voir avec sa formation.

Cette question de la précarité de vie ne s’arrête malheureusement pas au premier cycle. Les doctorants contraints de laisser tomber leur thèse faute d’un financement sont également une réalité sensible.

La logique mortifère des financements sur projets, déjà dénoncée à plusieurs reprises pour leur inefficacité¹, en plus de corseter la recherche dans des domaines trop restreints pour être efficiente porte en elle la précarité organisée, la soumission organisée des doctorants qui ont, au contraire, besoin des moyens matériels et sociaux de pleinement se consacrer à leurs travaux.

Le salaire étudiant permettrait enfin de considérer « l’étudiant comme un travailleur, qu’il est en réalité, et de lui allouer un salaire en rapport avec les services qu’il rend et qu’il est appelé à rendre à la collectivit黲.

Il s’agit de reconnaître la formation initiale pour ce qu’elle est : la période de la vie où l’on apprend l’ensemble des savoirs, savoir-faire et gestes techniques nécessaires pour assurer pleinement une activité professionnelle. Et, dans le cas qui nous intéresse, qu’elle soit directement appliquée pour les ingénieurs et techniciens ou qu’elle serve le progrès scientifique, technologique, humain pour les futurs chercheurs. 


¹ http://sauvonslarecherche.fr/spip.php ?article1903.

² Extrait du plan Langevin-Wallon.

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